jeudi 9 octobre 2008

Vendanges 2008 à Lagarette !

Le moment de la vendange est un moment fort, où la « terre-mère-nourricière » et « l’homo-sapiens » entre en communion. En cet instant, la terre nous donne ce, que nous avons produit avec elle...


Les raisins de Lagarette, quelle découverte pour Gabrielle !

Vendanges 2008 : moments sublimes et délicats...

Moments sublimes parce que comme toutes « moissons », le moment de la vendange est un moment fort, où la « terre-mère-nourricière » et « l’homo-sapiens » entrent en communion. En cet instant, la terre nous donne ce, que nous avons produit avec elle, toute au long de l’année. L’un avec l’autre et non pas l’un à côté de l’autre.

Moments délicats parce que cette année le fruit de la vigne a subi bien des agressions : gel, grêle, mildiou même. Chaque cépage s’est défendu à sa manière vaillamment mais toujours avec notre aide. Ainsi, chez nous à Lagarette, le merlot et le malbec ont quelque peu souffert, alors que le cabernet-franc, magnifique, généreux, abondant, a comblé tous les vendangeurs par son expressivité.


Images, odeurs, saveurs...

Accrochées à ces vendanges 2008, des images, des odeurs, des saveurs se combinent entre elles et s’assemblent.

Images. Magnifiques journées de septembre : lumière du matin, qualité de l’air, pureté du ciel bleu, sonorités légèrement étouffées, chaleur de l’après-midi, douceur des soirées… Et bonheur, mille petits bonheurs partagés que nul n’oubliera.

Saveurs et toucher. Cabernet-franc magnifique, grappes saines, denses, douces à caresser, agréables à couper, se logeant sans peine côte à côte, dessus, dessous, dans les paniers des vendangeurs. Bonheur simple de la vendange, cris, chants, jeux. Souvenir : l’un d’entre eux courant dans le rang pour vider au plus vite son baillot dans la baste de réception, posée au bout du rang de vignes, puis reparti aussi vite reprendre sa place et couper, couper… Une sorte de lémurien.

Des bruits et des sons. Le matin, la cloche du château qui rassemble, puis celle de l’église qui se fait entendre chaque heure. Bruits lointains de la vallée, chants et cris joyeux des vendangeurs dans la vigne. Dans le cuvier, ronronnement bruyant mais régulier du fouloir égrappoir.

Odeur des fruits de la vigne, des fruits coupés, des fruits travaillés qui remplissent nos narines. Qualité des premiers jus que notre palais apprécie. Plaisir de l’œil qui saisit la finesse et la précision des gestes d’Olympe, qui surveille la qualité des grappes, observe et mesure, intervient s’il le faut, place la levure naturelle de Lagarette au bon moment, accompagne de tout son savoir-faire, les premiers temps du processus de fermentation.


Sous les tilleuls face à la vallée de la Garonne...

Images heureuses de la longue table des repas du midi sous les tilleuls face à la vallée de la Garonne. Visages penchés, éclairés, quelquefois dans l’ombre, toujours souriants, heureux d’être ensemble pour cette fête annuelle, unique et profondément humaine.

mercredi 1 octobre 2008

Lagarette 1998-2008. Dix ans déjà !

Dix ans pour faire un vin ! Dix ans pour mieux comprendre que les viticulteurs disposent d’une fabuleuse richesse : leur connaissance intime de la terre et de la plante. Ce ré-enracinement a quelque chose de fantastique. Il est aussi douloureux. Il nous montre chaque jour la sauvagerie et le mensonge permanent de la "chimie modernisante".


27 septembre 2008. Feu d'artifice à Lagarette ! Merci Dominique.
Dans la vigne, les vendangeurs font la fête !


Cela fait dix ans que nous exploitons le domaine du château Lagarette. Nous lui avons redonné noblesse et référence, et fait de ce vin, un vin " sincère " apprécié du plus grand nombre. Dix ans de travail, de travail acharné. Dix ans à observer, écouter, goûter la plante et le vin. Pour faire quoi ?

Tout d’abord, faire un produit " juste ", sain, bon pour la santé, du consommateur. Dès 1998, dès la première vendange, dès les premières vinifications, le vin de Lagarette s’est réaffirmé dans la tradition qui a toujours été la sienne (Guide Féret de 1850) et exprime au mieux l'art de faire le vin. En 1999, nous avons obtenu la Médaille d’Or des vins bio d’Aquitaine. Puis entre 2000, et 2008, chaque année de nouvelles médailles et références internationales…

Bref ! Notre vin, le vin de Lagarette a été progressivement reconnu par le monde des experts, le monde de ceux qui jugent et apprécient la production viticole.

- Dix ans pour construire une présence dans dix pays, espaces " eco-sociologiques ", marchés, ou niches écologiques si l’on veut, où les vins naturels (organic wines) sont appréciés, consommés, commentés, jugés et comparés. Il n’est pas si simple de conduire cette bataille de la présence à l’échelle de la planète. Cela suppose des voyages. Cela suppose aussi des rencontres. Cela suppose encore de la ténacité dans l’échange pour parvenir à ce que quelqu’un à l’autre bout du monde (un négociant, un importateur) se décide sur notre vin et en fasse dans son pays un produit de référence.

- Dix ans pour comprendre et mesurer le sens de la confrontation " vin conventionnel / vin bio ". Récemment, nous avons pris conscience de la radicalité de la lutte idéologique, qui oppose vins bio et vins conventionnels. Sincèrement, nous ne pensions pas il y a dix ans que ces oppositions étaient aussi fortes. Nous nous représentions nos choix à la fois naturels, sociétaux et anthropologiques comme des choix parmi d’autres. Aujourd’hui, ces choix dérangent. Ils dérangent ceux qui font commerce de la nature, d’une nature mutilée, abîmée. Démasquer leur imposture devient aujourd’hui un devoir civique.

- Dix ans pour rencontrer et apprécier des femmes et des hommes de qualité qui font des vins naturels en biodynamie. Découverte étonnante, tout particulièrement au sein du groupe La Renaissance des AOC, que ces profils de femmes et d’hommes, qui dans les vignobles de France et d’Europe, du monde entier, ont le souci d’exprimer la nature des terroirs, les qualités de la plante et d’accompagner, dans sa construction, progressive, un vin, leur vin, pour le rendre appréciable et apprécié par les consommateurs.

- Dix ans pour nous enraciner, nous ré-enraciner dans les univers de la viticulture et mieux comprendre les ravages de la modernité. Tout ce que nous savions des ravages de la modernité dans les vignobles français était un peu trop " people ", "livresque" même.

Dans le microcosme qui est le nôtre, nous avons pu constater les effets néfastes de cette idéologie de la modernité qui fait croire, aux viticulteurs qu’être modernes et compétents, c’est utiliser les produits de la chimie, c’est écouter les propositions des marchands d’équipements en tout genre. Alors qu’ils disposent d’une fabuleuse richesse : leur connaissance intime de la terre et de la plante. Ce ré-enracinement a quelque chose de fantastique. Il est aussi douloureux. Il nous montre chaque jour la sauvagerie et le mensonge permanent de la " chimie modernisante".

- Dix ans pour mettre dans vos mains un verre rempli de saveurs. Dix ans pour charmer vos papilles. Dix ans pour faire rêver, ou rêver avec vous, d’un monde différent ou la " Terre-Mère " célèbre la vie enfin respectée.