mercredi 19 décembre 2007

Des recettes pour les fêtes !

Du pain, du vin et du Lagarette bien sûr !
Du " sanglier aux champignons des bois" , des " cèpes à la bordelaise "... et la Cuvée Renaissance 1999 de Lagarette : le " top " !




C'est bientôt Noël. Et nous vous souhaitons à tous " Bonne chère ", " Bon vin " et " Bonnes fêtes " avec plein de bonheurs. Comment ne pas penser pour cette fin d'année au vin de Lagarette pour accompagner vos mets et agrémenter vos palais de saveurs exquises ?

Certains amis belges regroupés autour de Laurent Goffin sous le bel intitulé " épicurien " vous propose deux recettes : La première " Terrine de sanglier aux champignons des bois ". La seconde " Cèpes à la bordelaise ". Deux recettes fabuleuses avec pour accompagnement un " Lagarette Cuvée Renaissance 1999 ".
Les amateurs, les connaisseurs apprécieront ! Un grand merci à nos amis belges pour cette invitation à consommer et à apprécier notre excellente Cuvée Renaissance 1999.

Pour ceux qui n'auront pas l'opportunité de chasser le sanglier ou de cueillir des cèpes, nous proposons une formule plus rustique, plus paysanne, pourrait-on dire : Du pain de tradition et un Renaissance 1998. Le millésime vieillissant exprime avec bonheur la puissance et la diversité de ses arômes, de ses saveurs, lorsque notre palais le sollicite pour rencontrer un pain de tradition et de qualité.

À l'occasion des fêtes, pour ceux d'entre vous qui se trouveraient à Paris n'hésitez pas à faire un tour ou un détour dans l'une des boutiques de notre ami Basile Kamir, boulanger fondateur des boulangeries " Le Moulin de la Vierge " et passionné par son métier (voir les ouvrages de Basile !). Dans ses boulangeries, vous trouverez un grand choix de pains traditionnels : levain, four à bois et farine " bio ", qui n'attendent que vous avec le vin de Lagarette pour fabriquer du plaisir.

jeudi 6 décembre 2007

Dévoiler notre réalité écologique

"6 milliards d'hommes à nourrrir", saison 2 de l'émission Vu du ciel sur France 2, Yann Arthus-Bertrand, 4 décembre 2007.
Ce qui pour le Château Lagarette est apparu important.




Trois idées pas plus ! Mais quelles idées ! La première : l’agriculture intensive (conventionnelle) contribue largement à la pollution de la planète et au développement des gaz à effet de serre. La seconde : l’agriculture bio peut nourrir la planète. La troisième : le métier d’agriculteur est un métier d’avenir.

Avec ces trois idées, Yann Arthus Bertrand s’attaque, de manière frontale, à des questions dont les réponses, à ce jour, n’arrivent pas à se construire et à se faire entendre. Elles ne sont pas interdites mais leur développement gêne certains intérêts économiques.

Reprenons la première idée : la France, premier consommateur mondial de produits phytosanitaires a ces trois dernières décennies abîmé, voire détruit, de 20 à 30 % de ses surfaces cultivables. Gênant ! Les effets de ces produits sur la santé des agriculteurs et des consommateurs sont accablants. Il vaut mieux se taire, voire chercher à faire taire ceux qui osent (et fort heureusement, ils sont de plus en plus nombreux) rendre publiques ces pratiques mortifères.

Il faut comme nous l'a dit un jour un responsable de la viticulture conventionnelle, « faire taire les bios car, s’il n’en est pas ainsi, c’est toute notre production viticole (celle aux noms prestigieux) qui sera mise en cause. Et tous nos beaux discours sur la qualité de nos vins partiront en fumée. Alors il ne faut plus hésiter ». Tout doit être fait pour les faire taire (cf. nos différentes contributions sur le bio dans la presse).

Quand on sait cela, quand on a entendu de ses propres oreilles des propos de ce genre, on ne peut que saluer le travail de Yann Arthus Bertrand et de tous ceux qui l’accompagnent dans ce dévoilement de notre réalité écologique.

Au Château Lagarette, nous rêvons d’une transposition du travail fait par Yann sur l’agriculture, aux univers de la viticulture Surtout quand on sait qu'en France l'agriculture viticole conventionnelle, est la plus grande consommatrice de pesticides et que 90% des vins commercialisés contiennent des produits toxiques.

Merci Yann.

jeudi 29 novembre 2007

Des livres et des vins

Un lieu différent, des vins différents : 14 rue Falguière à Paris 15 !




Pour tous ceux qui s'intéressent aux vins différents,"non-conventionnels", nature, "bio", biodynamique, il existe à Paris 15, au 14 rue Falguière un lieu différent où vous trouverez entres livres, documentation et accueil convivial, des cartons de nos vins Château Lagarette ainsi que quelques flacons amis.

Ce n'est pas une boutique traditionnelle où l'on vend du vin, ce n'est pas non plus un show-room, ni un lieu "dégustation" pour connaisseurs. Non, non, ce n'est rien de tout cela !

C'est notre lieu, notre "ouverture" vers la ville pour faire goûter, échanger, rire et sourire autour de notre vin. Car un vin pour vivre, affirmer son identité et s'exprimer a besoin de lieux ou de plusieurs lieux. Sorte d'espace au sein duquel il va se donner, se faire aimer et apprécier, se mettre en scène, susciter l'échange, le dialogue, la controverse, et vivre.

Entre le vin et les lieux où il se manifeste s'établit une alchimie secrète, singulière. Présent à Paris au 14 rue Falguière le Château Lagarette l'est aussi dans d'autres lieux : Lavinia, Boulangeries Moulin de la Vierge, .... Des lieux choisis tenus par des amis de la vigne et du vin, respectueux de la vie. On est loin, très loin des espaces sans âme, ni identité des grandes surfaces. On se distingue aussi des « Caves » et « Bars à vins » où le travail et l'esprit du vigneron est souvent oublié. Dans tous ces lieux on cherche la marge et on néglige le savoir-faire du vigneron.

Depuis plus de 10 ans, la boutique 14 rue Falguière à Paris 15 est l'espace du Club Stratégies, un lieu de création, d'écritures, de livres, de multimédias, d'échanges et de confrontations d'idées.

A l'arrière boutique, des bureaux sur jardin avec une activité intense de production de multimédias diffusés sur Internet chaque semaine. Ce sont les espaces d'Yvon, de Pierre, d'Alexandra, de Samira et des visiteurs. Ici on vient pour voir, échanger, discuter sur entre autres, l'actualité sociale et environnementale, la professionnalisation...

A l'entrée, des livres et des vins !

Avec le vin de Lagarette, depuis trois ans, nous avons introduit dans ce lieu de "concepts" des liens très forts entre la campagne et la ville, l'amitié et la vie, les voyages et les rêves. Des caisses et des cartons de vins envahissent de plus en plus l'entrée de la boutique au milieu des bouquins : Cuvée Renaissance, Cuvée Cyrus, et quelques "vins bio" ou en biodynamie. Plusieurs millésimes vous attendent.

Des chaises, des verres, des bouteilles, des livres, des affiches, de la documentation... Des sourires, de la gentillesse, des conseils. Une grande écoute. Toute une ambiance ! Tout pour vous rendre heureux un instant juste un instant.
"Rencontre directe producteur -consommateur". Pour que vive le Château Lagarette !

Rencontre avec Olympe et/ou Yvon, vignerons
Le mercredi après midi ou sur RV
14, rue Falguière Paris 15 (métro Montparnasse ou Falguière)
Tél. : 01 53 69 98 15 ou 06 03 46 30 60
chateau.lagarette@wanadoo.fr

lundi 12 novembre 2007

Vive les vins différents !

A vous de choisir,
goûter un vin, en sachant qu'il est chargé de sulfites ou encore en pensant qu'il est issu d'un domaine viticole inondé de plus ou moins de pesticides,
ou alors,
goûter le vin de Lagarette ou des vins "naturels" de qualité et vous apprécierez la différence....


Alexandra, Karl et Julie à Lagarette, été 2007

Que se passe-t-il avec les vins différents, pourquoi tant de haine et de violence à leur égard ? S’ils disent qu’ils sont "bio", on leur reproche de faire du marketing et on accentue les contrôles ; s’ils disent qu’ils sont "biodynamiques", on les suspecte d’ésotérie ou d’alliance avec quelque secte obscure, s’ils disent qu’ils sont "naturels", on leur reproche un naturalisme dépassé. On peut leur reprocher ces « noms », ils se cherchent, ils tâtonnent, à la recherche du « nom » qui traduirait leur vin et leur pratique. Bref leur différence.

Mais il y a pire, dans les dernières attaques : ils seraient mensongers et finalement auraient le même goût que les autres vins. Malgré leurs efforts pour se différencier, pour affirmer leurs attachements à la particularité de leurs sites, à leurs manières de faire, à l’attention qu’ils portent à la qualité de leurs vins, voire aux questions de santé, mais aussi au soin de l’environnement que demande leurs activités ; rien à y faire, finalement ils feraient le même vin que les autres.

Faire revenir au même des pratiques qui tentent de se différencier les unes des autres a un nom ; le regard qui fabrique ce « même » est le regard du pouvoir, le mépris des différences. Pour commencer on va s’attacher aux pratiques majoritaires, les grands noms, les grands crus, les grandes maisons, qui par leur puissance sont la référence. Ensuite, les vins différents, au petits noms et minoritaires seront alors jugés à l’aune de cette référence. Les critères étant nombreux et comme chacun sait l’étude attentive menant à l’évidence de différences irréductibles, et bien on va prendre un critère de comparaison le plus mystérieux qui soit. Un critère de comparaison qui n’existe que dans le nez et le palais de chaque dégustateur et amateur : le goût.

Comparer les vins entre eux, discerner, apprécier est en effet la chose la mieux partagée au monde ; seulement voilà, il y a des professionnels du « goût ». Sans surprise, une étude rapide décrirait assez bien que ces professionnels du goût ont fait leurs classes dans les grands châteaux, ou chez des alliés de ceux-ci… Ainsi se fabriquent les critères du goût, ceux avec lesquels les petits vins différents sont aujourd’hui jugés. Et bonne nouvelle, ils sont aussi bon. Tant mieux, faire un bon vin n’est-il pas le rêve de tout viticulteur ?

Hélas pour les fabriquants de l’évaluation des vins, leur notation, aujourd’hui le monde a un peu changé. Il semble que comme d’autres secteurs, nous ayons appris que l’ajout de certains produits pouvaient créer des problèmes de santé publique, ou polluer les sols, et que ces conséquences pourraient nous revenir sur les bras bien plus vite que prévu. Les petits vins différents peuvent être fiers, ils font un aussi bon vin ; mais en plus ont compris qu’il n’y avait pas que cela d’important. Que le goût pouvait être un peu plus mystérieux ! Goûtez donc un vin en pensant qu’il y a une bonne dose de sulfite dedans, ou encore en pensant à un domaine viticole inondé de pesticides, et vous verrez le goût qu’il a….

Le regard du pouvoir, celui qui voudrait oublier les différences, vit dans le monde du passé. Un monde où tout revenait au même, ou certains étaient certains des « bonnes » différences, les érigeant en modèles auxquels tous devraient se conformer. Non seulement ce regard est contraire a la spécificité du monde du vin, mais en plus il est dangereux, aussi bien pour les amateurs de vins que pour les écosystèmes dont les pieds de vignes ont besoin.

Alexandra Minvielle
alexandra.minvielle@chello.fr

mardi 30 octobre 2007

Labours d'automne à Lagarette. La terre habitée par la vie

" La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu'est la véritable saveur de la terre . " Colette



Avec les premiers labours d'automne, la terre ainsi redécouverte nous remplit de douceur et de bonheur simple . Voir la terre habitée par la vie, respirer son odeur, est sans aucun doute l'un des grands plaisirs de la vie. Juste après les vendanges ces travaux ont leur importance : favoriser le développement de l'activité microbienne, essentiel à la nourriture de la vigne, contribuer à l'expression de l'originalité du terroir, nous inviter à nouveau au respect du vivant de la terre. Déjà, nous pensons à la prochaine vendange et à la qualité du millésime : vin complet, texture complexe, soyeux, velouté, ... Tout est en mouvement.

Le labour, c'est simple, c'est discret, c'est repectueux. C'est un acte agricole fort qui nous met en contact direct avec le vivant de la terre.

Depuis l'Epoque Romaine la terre du Château Lagarette a été travaillée, re-travaillée par les labours. Perchées tout en haut d'un petit monticule, les parcelles sont orientées au soleil sur des pentes douces vers l'est, l'ouest, et le sud. La terre du vignoble est à 300 m au dessus de l'océan. La Garonne est proche. La forêt landaise n'est pas loin. Les vents relaient jusqu'à nous les "saveurs-odeurs" océaniques.

Au petit matin, en automne, les rayons du soleil mettent en valeur des toiles d'araignées, perlées de rosée, qui tissent leur trame de sarment en sarment. Beauté fragile. La terre légérement soulevée par le soc de la charrue apporte à nos sens (nez et yeux) un réel plaisir. Ici à l' automne on re-découvre la vie de la terre. Paradis de la petite faune. Aucun engrais, aucun défoliant, aucun pesticide, aucun produit toxique, n'est venu la souiller. En cet instant la terre nous livre quelques uns de ses secrets.

mercredi 24 octobre 2007

Vin et pesticides ? la folie...

Pour des vins sans toxique ! La bataille sera dure ! A Lagarette, nous rêvons d'une liste de vins sans toxique qui serait au fondement de tous les classements à venir... Aujourd'hui 95% des vins conventionnels contiennent des pesticides... Que nous réserve le " Grenelle de l'Environnement " ? A ce jour pleins d'idées mais rien de précis ...

Les pesticides sont aussi présents dans le vin y compris les " grands crus ". Nous le savons tous et depuis longtemps. Mais des esprits pollués et pollueurs font tout ce qu’ils peuvent - et ils peuvent beaucoup - pour nous empêcher de dire les faits et montrer, démontrer que c’est nous les " bios " qui sommes porteurs de germes à risque. Bien sûr, nous sommes porteurs d’un germe à risque, celui lié à la vérité, car la vérité est toujours dangereuse pour celui qui a bâti son pouvoir et sa fortune sur le mensonge et la tromperie.

Il y a de cela près de dix ans, nous avons demandé, à notre laboratoire œnologique, une analyse complète du vin de Lagarette « Complète ! Que voulez-vous dire ? », nous a rétorqué notre analyste. Et nous de préciser, une analyse qui donnerait à voir tous les éléments principaux qui participent de la qualité de notre vin. « Cela ne se fait pas » nous a précisé, en retour, notre analyste. « Nous ne savons pas faire et nous ne pouvons pas faire ». Sans doute voulait-il nous dire en répondant ainsi que les instances de tutelle, dont il dépend, lui interdisaient toute analyse de ce type.

C’est en Suisse que nous avons trouvé compréhension et réponse et c’est toujours de la Suisse que nous vient, aujourd’hui, une réponse scientifique solidement établie.

Une étude du Service de Protection de la Consommation de l’Etat de Genève a mis en analyse 250 vins d’origine suisse et étrangère. Cette étude avait pour objectif de rechercher les résidus de pesticides dans les vins issus de l’agriculture conventionnelle et biologique. 95 % des vins issus de la viticulture conventionnelle contenaient des pesticides !

Le service a analysé 70 vins bio, essentiellement d’origine suisse (52), surtout genevoise, et 18 majoritairement français. La moitié des vins bio (33) ne contiennent pas de pesticides et 27 n’en recèlent que de faibles traces, inférieures à 10mg/L.

Notre souhait, aujourd’hui, c’est que la vérité éclate et que le politique accompagne de ses visions et décisions un affichage bien réel de ce que contiennent les vins, nos vins, ceux que nous aimons et défendons. NOUS RÊVONS D’UNE LISTE DE VINS SANS TOXIQUE QUI SERAIENT AU FONDEMENT DE TOUS LES CLASSEMENTS A VENIR.

L’ignorance, la tromperie, et le mensonge ont aujourd’hui pour effet le développement chez les consommateurs de cancers, d’infertilité masculine et de toutes sortes de maladies des muqueuses.

Ne rêvons pas ! La bataille va être difficile car l’EPCA, Association européenne de la protection des plantes, qui représente 80 % des producteurs de pesticides de l’Union Européenne menace : « si les normes sont trop contraignantes, nous perdrons 30 à 75 % de notre marché et les 28.000 emplois de nos entreprises seront menacés ». Le capitalisme financier se cache derrière les emplois de ses entreprises pour continuer à fabriquer des produits qui sèment la mort.

Nous ne pouvons plus accepter ce type de pratiques. Elles sont destructrices de nos vies et de nos santés.

lundi 8 octobre 2007

Vendanges 2007

Le millésime 2007. Comment sera-t-il au Château Lagarette ?


" Cette année, de nombreux paniers ont été remplis sous chaque pied de carmeneyre "...

Séveux ? goûteux ? soyeux ? certainement. Dès le 2ème jour des vendanges, le premier jus des raisins nous étonne, couleur, douceur et arômes, plus que fidèle, aux qualités connues et établies du "Lagarette".

Pourtant les vendanges ne furent pas faciles. La vigne a souffert des mauvaises conditions climatiques en mai, juin et juillet, dont la presse a tant parlé. Fin août, début septembre, le raisin avait du mal à mûrir et semblait souffrir. Nous étions tristes. Il a été difficile de fixer une date de vendanges. Comment faire ?

La nature surprend. Elle étonne. Elle fait des signes comme pour nous dire... pour nous dire quoi ? Comment se fait-il que quelques jours avant les vendanges, les graines de merlot sur les vieux pieds se sont mis à grossir, à devenir fermes, croquantes et délicieusement sucrées. Pour nous dire quoi ? Le cabernet franc lui, très beau, avec de belles grappes commençait à se ratatiner et faisait triste mine. Pour nous dire quoi ? Le malbec, si beau tous les ans, touché à cœur par le mildiou nous montrait pourtant par endroits sur de très vieux ceps des grappes d'une santé rebelle. Pour nous dire quoi ? De leur côté les feuilles de carmeneyre (ou carménère) ont toutes pris leur belle couleur rouge sang, juste avant les vendanges (cela n'arrive jamais) et les graines, petites, abondaient sur chaque pied, à profusion. Cette année, de nombreux paniers ont été remplis sous chaque pied de carmeneyre.

Durant tout cet été, que d'observations, que d'étonnements, que de questions, que d'inquiètudes, que d'interventions... !


Vendangeurs 2007 ! Pas de chance ! Un travail plus dur et plus minutieux que les autres années. Les vendanges 2007 affirment leur différence. Les mains avaient du mal à trier chaque grappe pour ne garder que le meilleur. Des grappes inégales, petites, grosses, abîmées.

En cet été 2007, la vigne exprimait une grande, une très grande souffrance générale. Les vendangeurs armés de patience et de courage ont soigné la récolte. Leur gaieté a sans doute fait du bien à la vigne. Le résultat de la vendange fut réconfortant. La quantité n'était certes pas au rendez-vous mais la qualité... quelle qualité!

La vendange rentrée et les raisins mis en cuve ont donné lieu immédiatement à la première fermentation qui s'est déroulée à merveille, plus rapidement que d'habitude. Levures indigènes, fermentation sans produits toxiques, bien entendu. Ici nous préservons la mémoire, le terroir, la personnalité propre du vin et son caractère si particulier. Cette année, huit jours ont suffi pour que le sucre devienne naturellement alcool. Un record ! Pendant ces huit jours, que fait-on ? Remontages, températures, densités, analyses. On goûte chaque jour pour suivre l'évolution et s'habituer à l'échange avec le vin et " faire corps " avec lui.

La température, la densité, confirmées par les analyses, nous disent que la fermentation est bien terminée. On peut alors démarrer la cuvaison en laissant faire la nature tout simplement sans aucune précipitation. Elle sera lente, naturelle, offrant au vin la possibilité de s'exprimer pleinement et de nous donner le meilleur de lui-même.

2007 : Encore un millésime qui nous inspire ! Une approche différente et délicate ! Une vinification choisie dès le lendemain des vendanges ! Début d'une aventure pour de nouvelles cuvées, et de nouvelles créations !

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mercredi 3 octobre 2007

Du bio dans la presse à la " bio attitude "

Un " autre monde est possible " avec le bio dans la viticulture. Prendre en compte le fort développement de la " bio attitude " chez les consommateurs citoyens est un choix d'entreprise et de société. Au Château Lagarette nous en sommes convaincus.


Petit à petit, le bio s'installe et " fait son chemin " !

Et ça continue ! Comme nous vous l’avions déjà fait remarquer le 09 septembre 2007, la presse fait parler le bio, la presse commence à parler bio. Ainsi Sud-Ouest TV, la 7 dans la région Bordelaise, a diffusé récemment plusieurs petits sujets sur des viticulteurs bio.

La famille Moueix, tout d’abord, qui a mis l’un de ses domaines à Saint-Emilion en bio, puis, plus récemment, le Clos Pipaud, une petite exploitation familiale de 2H, qui n’est pas encore certifiée bio mais qui fait tout comme il faut faire quant on veut être reconnu bio. Et de surcroît ce Monsieur, propriétaire du Clos Pipaud, a un cheval, largement mis en avant dans le reportage.

Ces deux faits de presse nous conduisent à penser que pour la presse et ceux qui la soutiennent que le bio est supportable de deux manières. D’une part lorsqu’il est petit et chargé d’images et d’émotions d’autrefois. Il a alors une fonction de mémoire tout à fait acceptable pour la viticulture conventionnelle qui par ce moyen-là fait savoir qu’elle n’a pas oublié la tradition, qu’elle la respecte et qu’elle pourrait même la protéger et la soutenir. La preuve : elle en parle. Elle en fait parler. Car à ma connaissance, il y a plus de proximité entre le CIVB, et le groupe de presse Sud-Ouest, qu’entre la famille bio (syndicat, association et autre) et ce groupe de presse dominant.

D’autre part le bio est acceptable lorsqu’il est porté par des gens respectables, des familles respectables : les Moueix (famille de négociants, propriétaires de Châteaux aux noms prestigieux). Le bio devient alors l’un des possibles dans les évolutions, à venir, de la viticulture. C’est une sorte de choix d’entreprises mais aussi de société qui prend en compte le fort développement de la bio attitude chez les consommateurs citoyens. On se fait ainsi une place dans l’imagerie mentale collective. On s’affirme et on s’affiche prêt à entrer dans cet "autre monde possible" de la viticulture.

lundi 10 septembre 2007

La viticulture bio dans la presse

Les dérèglements climatiques de cet été ont provoqué des ravages en agriculture. Les journalistes de la grande presse se sont intéressés aux pratiques de la viticulture bio. Pourquoi le " bio" ? Étonnement...


Cabernet franc à Lagarette : septembre 07

L’été 2007 a été dur, très dur, pour les viticulteurs bio. Mildiou, oïdium, sécheresse, excès d’humidité (...) nous ont malmené de mai à septembre. Et pourtant, au milieu de ce désarroi, la presse (la grande presse) a trouvé utile (pour qui ? pour quoi ?) de parler de nous à plusieurs reprises. Trois faits méritent d’être signalés.

France 2 tout d’abord qui le 20 août, dans un petit sujet sur la Chine et le vin, fait allusion à un producteur chinois qui serait en bio. Surprise ! Étonnement ! Ravissement ! On veut comprendre… Mais le commentaire coupe court et l'on en sait pas plus. Un peu comme si le journaliste et son rédacteur en chef regrettaient d’en avoir trop dit. Et de un ! Ensuite, Le Monde 2 nous propose, le 02 septembre, un mini reportage sur un producteur qui en Pays de Loire se bat, seul et contre tous, pour la qualité et le bonheur des vins traditionnels. Et de deux. Enfin dans Le Monde daté du 04 septembre, un article de fond (on peut le considérer comme tel) dresse un tableau, des difficultés rencontrées par les viticulteurs bio en cette année 2007. Et de trois.

Mais au cœur de l’argumentation, de toutes ces argumentations, il y a comme un soupçon (volontairement placé là ?) sur ce que peut vraiment faire le viticulteur bio. Ainsi le témoignage de Monsieur X, viticulteur bio, certifié et reconnu, qui transgresse les règles pour sauver sa récolte et son revenu : " Seule l’application d’un produit non-autorisé me permettait de sauver ma récolte ".

En clair, pardon en " dissimulé ", toutes ces initiatives de presse nous disent que la viticulture bio ne résistera pas à un dérèglement climatique et que même ceux qui en sont les militants les plus fervents vont très certainement la trahir et l’abandonner. De là à penser que l’Union des Industries Chimiques a financé l’article, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a quelque part une convergence entre toutes ces contributions, celle dont je viens de vous parler et bien d’autres encore. Toutes visent à montrer, démontrer que le bio (le vin bio surtout) est une mission impossible à tenir dans les circonstances climatiques actuelles. Restons vigilants !

mardi 4 septembre 2007

Le vrai goût du Bordeaux

Les dégustations "La Renaissance des Appellations" avec les viticulteurs en biodynamie, continuent dans les grandes villes du Monde. Le 27 août dernier, c'était en plein cœur d'Oslo à Gamle Logen, lieu prestigieux. Karl notre fils et Julie sa compagne, étaient présents à la table du Château Lagarette. De nombreuses questions sur nos manières de faire !


Gamle Logen, lieu prestigieux, au cœur d'Oslo

Les Norvégiens sont très sensibles à leur alimentation traditionnelle. Ils préfèrent éviter les produits venus d'ailleurs. Et le vin dans tout cela ? La Norvège ne produit pas de vin... et pourtant ils sont consommateurs à toutes les occasions conviviales, fêtes, fins de semaine... Si les jours ordinaires sont sobres, le samedi lui appelle le plaisir partagé, autour de grands vins. Ce sont des connaisseurs.

Toujours est-il que la dégustation a eu beaucoup de succès. Notre table était sans cesse assaillie par des professionnels mais aussi des curieux et amateurs de vins rares. Les questions étaient nombreuses et surprenantes. Avides de connaissances sur nos cépages et nos pratiques vinicoles, tous cherchaient à retrouver avec Le Château Lagarette "le vrai goût du Bordeaux", celui qui aujourd'hui hélas, est un peu "oublié". Homogénéisation et standardisation des goûts obligent ! Cette recherche de la typicité du goût authentique est rare. En tout cas pour nous, c'était la première fois qu'on nous tenait de tel propos dans une dégustation.


Karl Minvielle, à la table du Château Lagarette

Les Norvégiens ont donc apprécié la Cuvée RENAISSANCE, issue de vieux ceps, merlot, cabernet et malbec, élaborée dans la pure tradition bordelaise dans des barriques neuves, Ils se sont interessés à nos manières de faire : notre "art de faire de vin" personnel, inspiré de pratiques anciennes.
Michel Bettane n'a t-il pas écrit dans la Revue du Vin de France en 2004, au sujet de cette Cuvée : " Lagarette rappelle ce que Bordeaux sait faire mieux que tout autre" !

Par contre, quel étonnement pour ceux qui ont goûté la Cuvée CYRUS. Il est vrai que c'est une expérience originale, puisque il ne s'agit pas d'un vin d'assemblage traditionnel, mais d'un vin issu d'un seul cépage, le Cabernet-Franc. Surprise et incompréhension de leur part. "Pourquoi mentionnez vous alors sur l'étiquette "Vin de Bordeaux" ? Ne risquez vous pas de perdre la richesse, l'équilibre, le goût tanique et le léger boisé si agréable, si caractéristiques des vins de Bordeaux ? Pourquoi cette innovation ? " ont-ils dit. La réponse : "La tradition s'invente chaque jour !".
Notons que le dégustateur critique, réservé et agacé par cette innovation est revenu plusieurs fois à notre table pour faire découvrir à ses amis les saveurs de cette cuvée à la fois originale et innovante...Un grand moment d'échanges !

Oslo et les Norvégiens nous ont donné à réflêchir. Ils nous ont conforté dans nos manières de faire, dans nos choix, dans le suivi de nos émotions et de nos intuitions, loin des tendances, des modes et des conseils en tout genre. C'était une grande dégustation !

vendredi 24 août 2007

Vin de création

Les millésimes et les Cuvées "Renaissance", "Cyrus"..., se succèdent au Château Lagarette. Chacune a sa propre personnalité, résultat d'un long travail pendant l'année, des conditions climatiques de plus en plus difficiles à gérer, des saisons et des vendanges, mais aussi de "l'art de vinifier" sans toxique. Recherche quotidienne inspirée de la sagesse des anciens, complexe, divine et humaine, à laquelle nous sommes très attachés.




En quelque sorte, la création d’un grand vin "naturel" (non toxique) ne peut être le simple résultat, le produit, d’un savoir technoscientifique, acquis sur les bancs de l’école. Non ! Cela ne peut suffire ! Concourent à la création d'un grand vin, bien des parentèles, des filiations et des affiliations, des imaginaires, des passions, des répulsions, de la raison et de la déraison de la souffrance et du plaisir des tentatives réussies et des échecs.

Dans l'instant de la création toutes sortes de mondes sont convoqués. Des mondes présents, passés, petits et grands, porteurs d’initiatives multiples. Tous immobilisent au plus intime, au plus singulier, les actes mêmes de celui qui crée : le maître, la maîtresse de chai.

De ces instants-là, au moment où la création prend forme, on en parle peu. Par pudeur, par crainte, par courtoisie, peut-être. Ou tout simplement parce que ce que l’on fait, ce qui se passe en ces moments ne se laisse pas dire facilement par ceux qui font. Les mots manquent. Ceux qui se forment sur nos lèvres ne disent pas ce qui se fait, mais plutôt ce qui doit être fait, ce qu’il est convenable de faire. Ce sont des mots écrits par d’autres qui s’imposent. Mots bien souvent empruntés à ceux qui n’ont jamais fait ce dont ils parlent.

Distorsions. Surpuissance du langage savant. Oubli et rejet de la poésie au profit du logos savant fait dans les actes même de la création. Ce qui se dit et se partage communément ne parvient que très difficilement à dire ce qui se fait dans les actes mêmes de la création.

Peut-être faudrait-il se contenter de nommer sans chercher à tout expliquer ?

mercredi 1 août 2007

Le "bio" dérange !

Qu'est-il arrivé à Bernard Pouey, "agriculteur Bio" dans le Sud Ouest de la France ?



Le "bio" dérange. Pendant longtemps on s'en est amusé. Les "bios", individus ou pratiques, faisaient rigoler la galerie. Chacun avait son "bio" et les histoires qui vont avec, un peu comme avant (fin des années 70) où chacun dans son village avait son "hippie" et les histoires croustillantes et délirantes qui leur étaient attachées.

Et puis, et puis... la vache est devenue folle, les moutons ont attrapé la tremblante, les poulets, la grippe aviaire, les moules ne sont plus comestibles, les huîtres sont souvent malades, les antennes téléphoniques ne sont pas sans effet sur la santé des personnes, les voitures polluent, le CO2 tue, la planète s'épuise, les nappes phréatiques sont polluées, etc. Il paraîtrait même que les engrais, les pesticides et autres "roundups" seraient sources de maladies. Ainsi le progrès, le progrès propre, celui qui nettoie, serait vraiment sale. Sale jusqu'à n'être plus présentable.

Situation gênante, très gênante pour tous ceux, élus, agents économiques et instances administratives, qui tirent profits et pouvoirs, du prétendu "progrès" en ignorant - sont-ils sincères ? - tous les dégats sanitaires et sociaux que celui-ci a pu générer et qu'il va continuer à générer, si les rapports de force restent inchangés.

Il importe donc pour tous ces écocides (ceux qui tuent la nature) de faire taire le "bio", si possible de le chasser et si nécessaire de le ruiner. Car le "bio" par ses pratiques, par le simple fait qu'il soit là, fait ressortir les pratiques détestables et meurtrières des "amis du progrès propre".

C'est ce qui est arrivé à Bernard Pouey, agriculteur "bio" installé à Saint-Dos, entre le Béarn et le Pays basque. Il faut dire qu'il en a rajouté au simple fait d'être présent. Cerné par des champs de maïs OGM. Il a souhaité observer et expérimenter les effets de l 'environnement OGM sur ses propres plantations. Et comme par hazard, malgré toutes les précautions prises, son "maïs test" est devenu famélique, devenant ainsi incapable de porter la preuve attendue.

Suspicions, sabotages, plaintes, procès à venir... On veut discréditer celui qui dénonce les crimes commis contre la nature en l'empêchant de fabriquer de la preuve.

Cette histoire n'est pas la première du genre, et elle ne sera sûrement pas la dernière. Il faut faire taire le "bio". Hélas pour les "amis du progrès propre", l'opinion publique est en train de basculer par peur bien sûr, mais aussi parce que la mémoire paysanne, celle des savoirs traditionnels n'est pas loin : une, deux à trois générations au plus.
Vivre autrement est possible, d'autres l'ont fait avant nous, et ça n'était pas l'âge de pierre.
Restons vigilants.

mercredi 18 juillet 2007

Lagarette, vin citoyen !

Oui ! Lagarette est un vin citoyen et il souhaite plus que jamais l’afficher avec force et détermination.



Qu'est-ce qu'un vin citoyen ?
C'’est avant tout un vin intègre qui dit " ce qu'’il est ", c’est-à-dire qui accepte et souhaite être soumis à l’'analyse, à toute sorte d'’analyses possibles qui diront les matières qui le compose affichant ainsi et sans démonstration ses origines naturelles. Ce vin, ce vin citoyen, n’'a rien à cacher. Il veut être connu et apprécié pour " ce qu'’il est ". Il a horreur des parures, des déguisements voir des dissimulations. Il ne veut pas paraître. C’'est l’'inverse d'’un vin " d'étiquette " et/ou de propriétaire. Pas besoin de se déguiser pour plaire et faire plaisir, il faut être naturel. C’est aussi un vin qui dit ses origines, le terroir et les hommes qui l’ont conduit à son terme et ont fait de lui... " ce qu’'il est ".

Cette terre où il a grandi et pris forme, il la respecte et se dresse contre toute forme de dégradation la concernant. Il la protége en s’affichant et en s’'exprimant comme on protège sa " terre-mère " nourricière. Ce qui le relie aux hommes du terroir a quelque chose de sacré, de divin, d'’inexprimable sauf dans ce qu'’il est, lui, puisque c’'est avec cette terre et ces hommes qu'’il est devenu " ce qu’il est ". Mais, il dit aussi, ce vin, les processus et les ingrédients qui sont entrés dans sa composition et ont contribué à le façonner. Dire et faire dire comment il s’'est construit, c’'est aussi s’'affirmer citoyen.

Mais il y a plus, et ce plus, n’'est pas négligeable, ce vin citoyen respecte ses usagers, ceux qui vont le consommer. Il se doit de protéger leur santé et si possible de la renforcer, en aucune manière de l’'affaiblir. L'’amateur, l’'amoureux de ce divin nectar doit savoir à qui il a affaire. Il faut gagner la confiance de l’'amateur qui en retour sera payé de plaisir, de bonheurs partagés et de force retrouvée.


Pourquoi un vin citoyen ? Parce que au quotidien, nos pratiques viticoles doivent se dire et se faire une place dans des univers de mensonges, et de dissimulations, où la présentation communicante et communicative des vins a plus d’importance que la qualité et l’authenticité du produit.

Il est donc temps de mieux faire connaître qui l’on est et de quoi l’on est fait.

Désormais, Lagarette, vin citoyen affichera ses composants, ses process de fabrication, ses certifications afin que chacun puisse apprécier notre volonté de respecter nos clients et partenaires mais aussi la terre nourricière, la biodiversité et la plante, surtout la plante, que nous protégeons dans son intégrité.

Derrière de beaux discours où nature et plaisir sont valorisés, il n’y a bien souvent que de la chimie, dure et destructrice de nos vies et de nos santés. L’essentiel n’est pas dit : les foires aux vins en sont de beaux exemples. Les discours " fumeux ", les affichages d’étiquettes qui prennent le pas sur le " produit réel ", ses saveurs (authentiques) et les sagesses pratiques (bien réelles) de ceux qui ont su produire et élever le divin nectar.

Il est temps de dénoncer ces pratiques abusives et d’afficher notre volonté... citoyenne !

mardi 10 juillet 2007

Rumeur chez les cavistes

Il n'est pas nécessaire de tirer sur le caviste ! Mais...

Quelque chose nous trouble. Cela fait plusieurs fois que nous nous trouvons face à des cavistes agressifs, pour ne pas dire plus, quand on leur parle de vins "bio" et /ou de vins "naturels".
La première fois cela s'est produit que du côté de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris 5. Il était tard, nous étions en janvier, et curieux de la nouvelle "boutique" nous avons poussé la porte et posé quelques questions à l'honorable propriétaire : De quel vin naturel disposez-vous ? C'est quoi les vins naturels ? nous a-t-il répondu. Quels sont les vins "bio" que vous vendez ? Réponse : Les vins "bio" ? ! Le "bio", vous savez nous dit-il c'est quelque chose d'imprécis. Par contre je sais ce que c'est que l'agriculture raisonnée. C'est déjà un choix !

Bref, il ne disposait d'aucun stock de vins "bio". Ce qui n'est pas grave en soi ! sauf qu’il affichait ouvertement y compris par ses documents de communication, sa volonté et son souci de présenter aux gens du quartier "des vins traditionnels et naturels". Bref, les mots sont quelquefois des traîtres. Mais ils servent aussi de boucliers et de masques pour dissimuler ce que l'on pense vraiment derrière le mot naturel et le mot traditionnel. Il y avait tout dans sa boutique, sauf des vins "naturels" et "des vins respectueux des traditions". Enfin l'entretien fut un peu long. Nous échangeâmes sur toutes sortes de choses. Il nous fit visiter sa cave à l'architecture très belle, et à la fin, nous le trouvâmes sympathique bien que totalement inculte sur "l’art de faire le vin".

Quelques jours plus tard, deuxième rencontre avec un caviste, un peu plus "moche", pour ne pas dire violente . La scène se situe quelque part du côté de la rue du Cherche Midi à Paris 6. Alain, le caviste sort de ses gonds dès qu'il entend parler du vin « bio » . Il se met à proférer toutes sortes de remarques très désagréables, comme quoi, il en avait bu mais ne s’en souvient pas, car dit-il, ces vins n'ont aucun goût etc. Bien entendu quand on lui demande Quel est le dernier vin "bio" que vous avez bu ?" Il ne s'en souvient plus. C'est évident !

Nous avons fait d'autres rencontres de ce type... dans différentes régions. Les dernières à Bordeaux ... On se demande d'où viennent ces rumeurs chez les petits cavistes...

mardi 3 juillet 2007

Le terroir, c'est une terre à vigne, c'est aussi le métier et le travail.

Le terroir ne se réduit pas à une simple histoire de sol. Il nous faut bâtir les équilibres nouveaux dont nos terroirs ont besoin. Au Château Lagarette, dans bien des régions de France, et dans bien des pays, aujourd’hui s’exprime la volonté de sauver les savoirs locaux. Ils sont partout une garantie pour l’équilibre de la planète.



En Sciences Sociales, la notion de terroir relève de ce qu’on appelle « un objet frontière ». Tout « le monde » s’en empare, les historiens, les géographes, les anthropologues. A chaque fois, les sens attribués sont différents. Il nous faut garder en mémoire que l’idée de terroir a été utilisée par les "folkloristes" dans des tonalités qui n’étaient pas forcément élogieuses. Elle a été utilisée par des politiques. Mauras, le Maréchal, en ont fait usage (la petite patrie). Les professionnels du marketing (colloque récent à la Sorbonne « terroir et culture ») en font usage. Dans les sociétés agroalimentaires, chacun y va de son naturel, plus ou moins authentique, et des usages qu’il est possible d’en faire.

On connaît aussi les usages qui en sont fait dans le politico-administratif : le pays, le terroir, nouveaux découpages, nouvelles constructions, développement local, etc. Donc, le terroir c'est un objet frontière avec des utilisations multiples.

Il faudrait beaucoup de temps pour refaire la cartographie de l’idée de terroir et de ses usages. À vrai dire, il y a deux tendances : une tendance naturaliste et une tendance culturaliste.

La tendance naturaliste nous dit que le terroir, c’est la nature. C’est quoi la nature ? On ne sait pas trop. Est-ce qu’il y a une nature naturante, récurrente qui était là avant qu’il y ait de l’humain ? Je n'en suis pas sûr ! Il y aurait une sorte de sur-détermination par la nature. Derrière cette pensée, se dissimule le souci du foncier, « touche pas à mon terroir il a de la valeur ». Si je suis dans le Médoc, mon vin sera forcément bon, peu importe la manière dont je vais travailler, encore plus si j’ai un domaine qui a un nom, cela va de soi. Et si tu oses dire que le travail de transformation a plus de valeur que ce que la terre apporte, c’est une insulte. Jean-Robert Pitte dans un livre récent sur Bordeaux, dit qu’il ne suffit pas d’avoir un stradivarius pour bien jouer du Mozart, encore faut-il être en capacité d’exécuter la partition. L’instrument ne suffit pas. Le métier, le travail comptent pour beaucoup.

La tendance culturaliste considère qu’entre nature et culture, on a du mal à faire la part. Un terroir, en viticulture, c’est aussi une terre à vigne. C’est quoi une terre à vigne ? Une terre travaillée par les hommes depuis des siècles et qui du seul fait qu’elle est une terre, où on cultive la vigne, a connu toutes sortes de transformations et d'aménagements. Cette idée entre culture et nature a un lien très profond, toutes sortes de conséquences, d’habitudes de travail en fonction de l’espace dans lequel on vit, d’utilisations d’un certain nombre d’outillages, de manières de raisonner, etc. Manières de raisonner mais aussi manières de ressentir un terroir. Ce n’est pas uniquement de la culture et du cognitif, c’est aussi du ressenti. Le terroir, espace d’émotions, manières de ressentir les faits et gestes, la qualité d’un paysage, des manières de travailler. Comme dirait Augustin Berque, le terroir, c’est une sorte de coquille, un espace à l’intérieur duquel nous vivons et nous nous construisons.

De ce lien avec culture et nature naissent les « savoirs locaux », manières de dire le monde, de l’expliquer et d’agir sur lui. Ces savoirs locaux font parti du terroir. La culture, au sens large, fait corps avec la nature du terroir. Autrefois, pour qualifier un terroir et les gens qui vivaient sur ce terroir, on nommait les manières de se nourrir et de s’habiller. Aujourd’hui, cela n’a plus de sens. Ces savoirs locaux rassemblent les manières d’agir, sur la nature, dont on a appris à connaître les caprices et les colères au fil des ans. Tout cela se transmet de générations en générations.

Ce qui m’a beaucoup frappé dans l’univers de la viticulture et dans le travail du vigneron, c’est la place occupée par ce qu’on appelle la techno-science (toutes les ressources scientifiques et techniques utilisées pour produire). Leur usage intensif a progressivement abîmé les savoirs du terroir et les savoirs locaux. Je suis très surpris de rencontrer des vignerons qui ne savent plus vinifier. Certes, ils font toujours un vin acceptable parce que la techno-science et l’œnologue sont là. Soit, mais que va t-il faire cet œnologue ? Quelles sont ses interventions ? Connaît-il seulement le processus de base de la vinification ? Il y a une sorte d’oubli progressif des processus fondamentaux du métier de vinifier. Tout cela est préoccupant.

Tous ceux qui s’attachent, aujourd’hui à un renouveau de la culture du vin sont soucieux de l’art de vinifier. L’art de vinifier, c’est une sorte de corps à corps avec la matière, une matière qui est sentie, ressentie, appréciée, goûtée, touchée, sur laquelle on intervient, avec pour souci premier, de ne pas dénaturer le cours des choses. N’utiliser que des produits naturels est un choix. Sinon on rentre dans un cycle de déconstruction de la matière qui n’est pas sans produire des effets.

Tous ces savoirs font partie du terroir. Le terroir est une entité culturelle qui est faite de savoirs locaux qui se sont construits dans le rapport homme/nature. Nous qui sommes si fiers de nos différences culturelles, nous ignorons l’exceptionnalité de nos « savoirs vinifier ». Dans bien des pays, aujourd’hui, s’exprime la volonté de sauver les savoirs locaux. Ils sont une garantie pour l’équilibre de la planète.

Nous sommes l’un des pays où la techno-science et la chimie ont fait le plus de ravages et pas uniquement dans la viticulture. Ce n’est pas une position de passéiste ! L’histoire est en marche. La seule chose que l’on puisse faire, c’est tenter de trouver des équilibres qui ne soient pas trop destructeurs. Et pour ce faire, tout en prenant appui sur ce que la science nous apporte pour lire le réel et le comprendre, il est peut-être utile de remobiliser ces savoirs dit d’expériences ou savoirs locaux dont nous sommes les héritiers.

Yvon Minvielle
Extrait Conférence Librairie Mollat Bordeaux
Débat "Les terroirs" animé par Ségolène Lefèvre, historienne de l'alimentation - 19 janvier 2007

jeudi 21 juin 2007

VINEXPO 2007 : une lueur d'espoir

Le Château LAGARETTE était présent le 19 juin "off-VINEXPO Bordeaux 2007" dans le cadre du groupe des 83 viticulteurs "Renaissance des Appellations, Biodynamie, la viticulture pour demain", avec Nicolas Joly de La Coulée de Serrant. Cette année Yvon Minvielle perçoit une lueur d'espoir pour ceux qui comme nous ont le souci du bon, du bio et du naturel. Il nous en fait part dans cette contribution vidéo !

Vin, terroir et developpement durable

Issu des plus vieilles vignes de notre terroir, le vin de la Cuvée "Renaissance" du Château Lagarette, raconte l'histoire des liens profonds de génération en génération, exprime les "savoir-faire" en héritage et la mémoire retrouvée.



Vin. Tout d'abord montrer qu'au Château Lagarette nous pouvions en 1998 produire du vin, un vin de qualité. Ce qui fut fait. Mais aussi prouver que nous ne nous contentions pas d'assembler des techniques pour fabriquer un vin "techno" destiné aux papilles de "buveurs d'étiquettes". Notre vin devait exprimer les "savoirs-faire" retrouvés, produits de la patience et du travail. Il nous fallait pour cela écouter, observer, lire mais surtout reconstruire, quelquefois même réinventer et/ou réinterpréter, les processus oubliés, abimés, méprisés par des gestes prétendument savants.
Dès la première vendange, Lagarette nous donnait à boire son vin rare et précieux. Puis, de dégustations en dégustations, de concours en rencontres, nous comprenions que quelque chose de grand était en train de prendre forme : un grand vin, un très grand vin renaissait de sa propre histoire.

Terroir. Certes, et nous en sommes fiers, ce vin est issu de notre travail, de nos réapprentissages, de la mémoire retrouvée. Mais cela ne suffit pas. Le vin prend forme dans un environnement spécifique, une tradition d'aménagement des sols, de travail de la plante, de réaction et d'utilisation des climats. La terre, le sol, le sous-sol, les plantes, le climat, les hommes, leurs savoirs : tout cela constitue ce que l'on appelle le terroir, sorte de matrice où le vin prend forme et développe ses qualités, accompagné, porté, développé par les interventions humaines. Car l'homme fait corps avec le terroir.
Et cela aussi nous l'avons redécouvert et compris au fil des jours et des saveurs. Quel plaisir de sentir son regard s'affûter, de prendre conscience que l'on voit et ressent aujourd'hui des choses que l'on ne voyait pas hier. Il faut du temps, beaucoup de temps, pour réapprendre à voir et à sentir. Il faut laisser le terroir nous pénétrer, nous façonner à nouveau, il faut que nous parlions son langage, que nous ressentions le message qu'il nous adresse.

Développement durable. Mais ce corps-à-corps avec le produit, le terroir et les mémoires revisitées nous a aussi appris (fait ressentir serait plus juste) que nous n'étions qu'un maillon dans une vaste trame aux multiples chaînages. Nous héritons d'un passé, de "savoir-faire", de traditions. Nous sommes, dans le présent, pris dans des jeux et des enjeux socio-économiques. Tournés vers l'avenir, nous devons transmettre et protéger pour que ce qui se joue aujourd'hui n'abîme pas ce qui demain pourra s'inventer. Ce lien profond de génération à génération, il ne suffit pas de l'énoncer formellement et froidement pour l'apprécier, il faut le vivre au quotidien et pour cela s'engager dans des rapports extrêmement concrets avec les traditions, le terroir et les manières de faire.

lundi 4 juin 2007

Respecter la procédure ou accompagner la vie

A Lagarette l'important c'est d'abord la nature et la vie. Notre intervention dans la vigne et le vin, accompagne les assemblages et les meilleures combinaisons.



Pas facile d'expliquer ce qu'est un vin « bio » à ceux qui, avant même que ne débutent nos explications, sont sur la réserve. Ce qui est « bio », vous dira l'un d'eux, n'est pas forcément bon. Soit ! La qualité gustative n'est pas de nature procédurale. Il ne suffit pas de respecter un cahier des charges pour faire du bon. Pourtant, pourriez-vous dire en cet instant : « Lorsque quelque chose est bon, il y a de forte chance pour que celui qui l'a accompagné dans sa croissance ait choisi le chemin du bio » ? (cf. Slow Food)

Derrière ce bref échange, un peu confus, une controverse pointe son nez, importante pour comprendre l'esprit du « bio ». D'un côté, les partisans de la procédure et de son application, de l'autre, ceux qui accompagnent la plante et le produit se construisant, et qui font de son expression finale un moment de plaisir.

En résumé, procédure ou accompagnement ? La première appelle reconnaissance et certification, la seconde exprime les échanges entre la plante et son accompagnateur. D'un côté, maîtriser les techniques et leurs usages, de l'autre accompagner les assemblages et combinaisons que nous suggère Dame Nature… pour le plaisir de nos papilles.

mercredi 23 mai 2007

Le bonheur est dans la vigne

Au petit matin, le soir au crépuscule, Yvon observe, écoute avec passion la vie de la plante. Partager ce plaisir avec le visiteur est aussi un plaisir.


La vigne, le 17 mai


La vigne est belle en ce mois de mai 2007. Les feuilles de la vigne, larges, pleines et vertes, rassurent notre œil. Les astes avides d’espace s’élancent vers le ciel. Les grappes déjà formées se découvrent peu à peu. Les tisanes d’Olympe ont produit leur effet. Si le ciel ne nous tombe pas sur la tête et si les pollutions extérieures ne nous agressent pas et si et si… tout semble bien parti.



La vigne le 21 mai : premières fleurs


Alors devant ce spectacle étonnant de la « vigne-nature », comment ne pas avoir envie de montrer, de toucher, d’effleurer ce vivant-végétal. A tous les sceptiques, les aigris, les tricheurs, les menteurs qui rejettent la culture bio, parce qu’ils ignorent la nature et ses puissantes beautés, je dis venez donc voir ce que sans aucun mot la vigne nous dit de sa santé.

mardi 15 mai 2007

L'art de vinifier

L'âme, l'avenir et la qualité d'un "vin naturel", dépendent essentiellement de la façon dont est conduite la vinification. Un bon vin ne se fait pas tout seul, ni pas par hazard.


Photo extraite du film Château LAGARETTE, bouquets of flavours

Au Château Lagarette, la vinification consiste pour Olympe à s'adapter, à interprêter, à accompagner le vin, voire à l'éduquer (jusqu'à sa maturité), chaque jour, à tout moment et en toutes circonstances, depuis la vendange jusqu' à la mise en bouteille. Pour votre plus grand plaisir. Un savoir-faire retrouvé ! Tout un art !

L’art de vinifier, c’est au Château Lagarette, l’une des composantes majeures de l’activité vigneronne. A notre grand regret, cet art est aujourd’hui délaissé, quelques fois même, ignoré par ceux qui au quotidien œuvrent dans les métiers du vin. Plusieurs raisons expliquent pour partie cet état de fait.

1- Les savoirs techniques ont pris progressivement la place des savoirs du métier. « On sait tout ce qu’il faut faire pour ne pas perdre son vin et lui donner du goût". Avant même que les problèmes aient été pleinement compris, les solutions sont déjà là. Les revues professionnelles sont remplies de ces solutions « savantes ». Vinifier aujourd’hui veut dire, pour certains, utiliser sans retenue les ressources de l’agro-chimie. Tous ceux qui ou travaillent sur les métiers (les arts et les métiers) savent qu’un homme et/ou une femme de métier n’est pas dépendant de la ressource technique. Ce qui fait son art, c’est la maîtrise du processus métier et l’interprétation qu’il en donne.

2- Une tendance naturaliste, faussement naturaliste, c’est peu à peu installée dans les pratiques vigneronnes. Il faut disent les partisans de cette tendance moins possible laisser faire la nature et intervenir le moins possible. L’art majeur s’exprimerait dans la simplicité.

Plus j’interviens sur mon vin, plus il y a de risques. Moins j’interviens, plus naturel il sera, etc. Arrêtons là ! Cette tendance dite naturaliste de l’activité vigneronne s’inscrit dans le droit fil de ce qu’on nous avons observé à propos des terroirs. Le foncier n’est pas loin, et les défenseurs de cette tendance traquent tous ceux qui auraient tendance à survaloriser le travail humain au détriment de la « propriété ».

3- Mais il y a plus simple et plus ordinaire : l’oubli progressif du savoir vinifier, produit de la mise en dépendance non voulue, non souhaitée, mais organisée par le milieu professionnel. Pour le bien de tous, cela va de soi ! De quoi s’agit-il ? Nous pensons ici, aux vignerons qui au fil des ans, des décennies et des générations, ont progressivement désappris le cœur du métier, l’art de vinifier, déléguant leurs activités de transformation du raisin en vin, à un tiers, une coopérative, un œnologue, etc. Cette posture, hélas trop répandue, fait de nos vignerons, des viticulteurs. Tout est dans la vigne, tout est dans la production, selon une logique techno ou une logique bio, peu importe. L’art de vinifier est devenu, pour eux, un art oublié.

Il faut donc le réhabiliter, lui redonner toute sa tenue et rappeler à tous ceux qui aiment les vins « droits de goût », qu’avant toute chose, ils sont issus de l’art du vigneron, de l’art du maître de chai, et qu’un vin qui n’est pas signé par celui qui le fait, n’est qu’un produit simple, sans âme et sans avenir.

jeudi 10 mai 2007

Pour une reconnaissance des vins naturels

En France, pourquoi les produits « bio » et/ou naturels n’ont ils pas bonne réputation et sont souvent rejetés ? Yvon Minvielle nous donne quelques pistes de reflexion.



Ce rejet, presque physique, des vins bios m’intrigue à nouveau. A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion dans « La Lettre de Lagarette » d’exprimer mon incompréhension et mon indignation devant les propos de certains cavistes (parisiens et provinciaux) sur les vins « bio » et/ou naturels. Je n’y reviendrai pas.

Ce qui me pose question, ce sont les raisons ou les déraisons qui poussent ces personnes à s’exprimer ainsi. A mon avis, trois pistes (explicatives) pourraient être explorées :

- Première piste : des intérêts économiques divergents. Si on les laisse faire et dire (« les bios »), disait un vigneron conventionnel, nous serons tous perçus, avant peu comme chimiquement corsetés et la commercialisation de nos productions s’en ressentira. Il faut donc les combattre chaque fois que cela est possible et faire passer au consommateur l’envie d’y goûter. Et ainsi se bâtit progressivement la mauvaise réputation et la rumeur qui l’accompagne, reprise par tous ceux qui trouvent intérêt à en faire usage.

- Deuxième piste : de mauvaises expériences qui marquent et laissent des traces. Ce n’est pas parce que un vin est « bio » qu’il est bon. Mais s’il est bon, il y a de fortes chances pour qu’il soit « bio » ou presque. Sauf que certains « bios historiques » sont plus sensibles au fait d’être « bio » et d’avoir la certification, qu’au fait de produire un vin « droit de goût ». Tout leur effort portera alors sur la plante, son traitement, son élevage. Peu d’efforts seront faits dans « l’Art de vinifier ». Dans leurs esprits, il suffit que le produit de base (le raisin) soit « pur » pour que le produit final soit bon. Ce qui bien entendu n’est pas valide. Penser ainsi, c’est oublier que vinifier est un art dont il faut retrouver et travailler les gestes premiers.

- Troisième piste : une position idéologique extrémiste qui fait des « bios », des libertaires irrationnels et irraisonnés, héritiers de mai 68 et ennemis de la raison et du progrès. Conséquence : tout ce qu’ils produisent doit être rejeté et condamné. Apprécier leurs produits équivaudrait, en quelque sorte, à approuver leurs idées et leurs valeurs. Cette « position » est aujourd’hui malmenée et fragilisée par les pandémies, la crise climatique et tout ce dont est porteur le « green business ».

Voilà juste quelques mots pour nommer les trois premières pistes. Il faudra nuancer et retravailler les énoncés, identifier et nommer d’autres pistes, assembler, dé-assembler tout cela…

La route, pardon la piste, est ouverte.

lundi 7 mai 2007

La vie sans toxiques - Envoyé Spécial

Pour ceux et celles qui ont raté l'emission d'Envoyé Spécial "la vie sans toxique" du 12 avril 2007...
Voir l'extrait sur Château LAGARETTE


... et ci-après un extrait du communiqué de presse présentant le reportage réalisé par Luc Bazizin, Régis Mathé, Mathieu Drejou, Rémy Richard, Roland Madura et Gérard Lemoine et partiellement tourné pendant les vendanges 2006 au Château LAGARETTE !

" (...) On ne réalise jamais à quel point le monde dans lequel nous vivons au quotidien est environné par des objets d’origine pétrochimique : Vêtements, habitat, mobilier ou nourriture ! Pour améliorer notre quotidien, l’industrie chimique a produit 100.000 nouvelles molécules depuis le début des années 50… Dans le même temps, alors que les progrès thérapeutiques ont fait un bond phénoménal, aujourd’hui 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 sont confrontés à un cancer. En vingt ans, le nombre de cancers du sein a été multiplié par 2, et celui de la prostate par 3. Des chiffres qui plaident en faveur d’une réduction de l’usage des substances chimiques dangereuses. L’Europe vient d’ailleurs de révolutionner la chimie industrielle mondiale avec sa nouvelle réglementation, appelée REACH (Enregistrement, Evaluation et Autorisation des produits Chimiques). Elle va permettre de limiter drastiquement la commercialisation des produits les plus dangereux et de les remplacer par des matières naturelles à chaque fois que cela est possible ! (...) Nous avons donc débusqué les bons plans de ce qui se fait déjà de propre et sans chimie dans l’habitat (et vous allez voir de belles maisons), dans l’habillement (nous avons remonté la route du coton biologique en Inde), dans le vin biologique, et dans l’industrie de la chaussure de sport (en allant en Chine) ! Voici donc dés aujourd’hui comment emprunter la voie d’une VIE SANS TOXIQUES ".

mardi 1 mai 2007

Faire un vin naturel, c'est poser un acte politique porteur de sens

Le premier mai, un moment fort pour rappeler à tous que faire du vin, faire un bon vin naturel est certes chose importante, mais que la qualité du produit pour la qualité du produit ne suffit pas si elle n’est pas pensée, liée et reliée en rapport avec des choix de société.



Car il existe un lien (des liens) très forts entre vin, terroir, hommes et femmes du terroir, et société. Les choix faits pour vivre en société nous engagent sur le type de produit que nous créons pour nos clients. Produire un vin naturel c’est implicitement où explicitement faire le choix de l’a-croissance (pour ne pas dire la décroissance), c’est entrer de fait dans un «vivre ensemble» où ce qui compte, ce sont les équilibres «nature-culture», le respect des traditions culturelles et des grands équilibres construits par les hommes au fil des siècles, et que le soi-disant progrès industriel, la société de croissance et les modèles politiques qui lui correspondent sont en train de détruire.

Tout cela est aujourd’hui connu de tous. La Maison brûle mais nous regardons ailleurs (Qui a dit cela ?). Nous allons droit dans le mur mais nous pensons que le mur est encore loin et que d’ici là, avant que nous ne nous écrasions, la science - encore elle - trouvera des solutions à nos problèmes d’environnement et de réchauffement climatique. Rien n’est moins sûr et cela aussi nous le savons.

Chacun de nos actes compte. Faire un vin naturel, c’est poser un acte politique fort et porteur de sens. Notre vin dit, nous dit, qu’il est possible de produire un vin de très grande qualité en rejetant les interventions chimiques et en retrouvant les chemins de «l’art de vinifier» et en respectant ceux qui font et ceux qui consomment.

Nos rêves d’un avenir meilleur d’un autre monde possible respectueux des hommes et de la nature sont inscrits au cœur, même de ce vin que nous offrons à vos papilles.

Yvon Minvielle

mardi 24 avril 2007

Les vins naturels sont excellents pour la santé

Entendu à la télé : le SO2 détruit les neurones ! Dans l'emission d'Envoyé Spécial " la vie sans toxique" du 12 avril 2007 sur France 2, Yvon Minvielle viticulteur à Lagarette nous a dit les dangers du SO2 dans les vins "technos".



Vin et santé. Rappelons tout d’abord ce que disaient les anciens et les scientifiques. D’Hippocrate à Pasteur, toute la médecine - honnête et sincère - a pu l’observer. Ce qui fait problème aujourd’hui pour la santé, c’est sûrement l’alcool, lorsqu’on en abuse, mais aussi et surtout l’ensemble des produits toxiques, phytosanitaires et œnologiques, qui fragilisent les vins et abîment nos santés.

Les grincheux, les "culs-pincés" et autres "faux-culs" voudraient faire du vin un alcool comme un autre. Ils voudraient même en faire un produit bien plus dangereux (surtout sur la route) que les anti-dépresseurs et autres drogues ordinaires. Cela va de soi, surtout pour le lobby des industries pharmaceutiques.

Mais laissons-là ces malhonnêtetés faussement moralistes et écoutons plutôt ce que nous disent et écrivent certains scientifiques sur le sujet :

Le vin rouge allonge la durée de vie en stabilisant l'ADN.

Le vin rouge contre les effets du temps. La revue Nature a publié une étude du Dr David Sainclair de l’école de médecine de Harvard où il est montré que le resveratrol, l’un des polyphénols présents dans le vin rouge pourrait contribuer à allonger la durée de la vie en stabilisant l’ADN. En attendant d’autres validations, premier conseil du Dr Sainclair : trois verres par jour, le matin, à midi et le soir. Du Lagarette bien sûr, ou d'autres vins bio et biodynamiques produits par les vignerons du groupe Rennaissance des AOC !

Un anti-cancéreux dans le vin rouge. Selon une étude réalisée par une équipe de chercheurs dirigés par le Dr Stéphane Quideau de l’IECB de Bordeaux, l’acutissimine - un enzyme qui se formerait dans le vieillissement du vin en fûts de chênes - inhiberait la croissance des cellules cancéreuses.

Les biens faits du vin naturel contre toutes les mauvaises humeurs. Voilà de bonnes nouvelles qui s’ajoutent à tous les bienfaits déjà connus du vin pour notre santé : effets bénéfiques contre les maladies cardio-vasculaires, l’osteoporose, la maladie d’Alzheimer, le diabète gras et surtout… toutes les mauvaises humeurs.

Courage Monsieur Evin, nous vous laisserons bien quelques arguments ! De toutes façons, il y aura toujours du juge et du grincheux pour vous donner partiellement et momentanément raison.

vendredi 13 avril 2007

Vu à la télé : la prêle et l'ortie

Dans l'émission d'envoyé spécial "La vie sans toxiques" le 12 avril 2007 sur France 2, le Château LAGARETTE était bien présent. Surprise ! Le réalisateur Luc Bazizin a notamment retenu nos commentaires sur les tisanes d'orties et de prêles. Retours et précisions...



Pour faire un vin de qualité, il faut tout d’abord aimer ses pieds (de vigne). Aimer veut dire ici (comme toujours) écouter, respecter, rechercher équilibre et harmonie ; sûrement pas camisoler, systémiser, prévenir, protéger jusqu’à étouffer… La première série d’actes accompagne la vie ; la deuxième tue. Tout être vivant est de lui-même et par lui-même en capacité de croître, de devenir, de s’accomplir dans son habitat naturel. Si vous voulez aider cet accomplissement, il importe d’avoir présentes à l’esprit quelques idées simples : accompagner en l’aidant à mieux utiliser les ressources de son habitat, favoriser les défenses naturelles, accompagner au bon moment, limiter et maîtriser nos interventions.

Tout cela, nous l'avons expérimenté en 2003 au Château Lagarette. Dès lors, après des résultats probants (disparition des symptômes de maladies, comme l'excoriose et l'esca) nous avons généralisé cette méthode.

Nous avons utilisé, sous forme de « tisane » (macération puis pulvérisation), deux plantes qui font partie des environnements ordinaires de la vigne : l’ortie et la prêle. L’ortie renforce les défenses naturelles de la plante. Elle favorise la croissance, c’est une sorte de stimulant (un bio-stimulant) qui permet entre autre de soigner les carences foliaires. La prêle, elle, riche en silice, protège des maladies et des ravageurs. Elle accompagne la plante dans sa lutte contre les maladies cryptogamiques (champignons de type mildiou, odium), elle l’aide à bâtir des défenses contre les ravageurs (pucerons, acariens). Une « protection » qu’il faut savoir mobiliser au bon moment, si possible avant la fleur pour que la plante puisse se construire au mieux, si possible après la fleur pour accompagner le fruit dans son processus de croissance. Ajoutons, pulvérisation le matin pour les fertilisants, le soir pour les pesticides. Voilà un réglage simple des interventions, mais un réglage efficace.

Mais pour que toutes ces interventions soient efficaces, il faut disposer de deux entrées simples établies : la carte des pieds du domaine (pied à pied) et la carte des carences. Ces deux supports nous aident à adapter nos interventions. Il ne suffit pas d’arroser les pieds à grands coups de tisane, il faut savoir doser, comme dans tout acte professionnel.

Olympe Minvielle

jeudi 5 avril 2007

Dégustation à Vérone : Renaissance des Appellations

À Vérone, le 1er et le 2 avril 2007 loin de la ville, à l’écart du salon VINALY, au milieu des vergers en fleurs et des vignes aux parterres fleuris, le Château LAGARETTE s’est réjoui de participer à la dégustation du groupe de Nicolas Joly de la Coulée de Serrant (Renaissance des Appellations) et Triple A (Agriculture, Artisans, Artistes).



Un accueil chaleureux nous attendait dans un espace agréable et connu : le restaurant « Ca’ Scapin » à Santa Maria di Zevio. La dégustation organisée sur deux étages, joyeuse et animée, offrait aux visiteurs venus de tous pays, des vins en « biodynamie » : des vins italiens mais aussi des vins d’Australie, de Géorgie, du Liban, d’Afrique du sud, de Slovénie, de Portogallo, de Suisse, d’Allemagne, (…) et de nombreux vins français (seulement deux bordelais dont le Château LAGARETTE).

Pendant les deux jours, succès pour les quatre conférences : OGM, sulfite, levures, biodynamie. Autant d’ouvertures pour mieux comprendre les pratiques écocitoyennes des vignerons, porteuses de sens et d’avenir.

Le Château LAGARETTE présentait plusieurs millésimes et cuvées. La surprise est venue de la Cuvée CYRUS 2004, 100 % cabernet-franc, très appréciée malgré sa jeunesse. Une curiosité pour tous les dégustateurs. Cavistes et restaurateurs ont passé commande tout de suite. Du jamais vu ! Certains visiteurs italiens, à la recherche de bons vins naturels et bordelais, nous ont dit : "Vous avez raison, un vin vrai, un grand vin, n’a pas besoin d’être truqué !".

En fin de journée, juste avant le gigantesque repas des vignerons, visite de "la ville des amants", avec ses arènes grandioses et impressionnantes, ses places et ses ruelles animées et colorées. Dans les rues, devant les bars à vin, visiteurs, dégustateurs, organisateurs, gens du cru, discutent, joyeux, verre à la main. Partout, une ambiance très conviviale, à la lumière des vieux lampadaires, tout près de la maison de Juliette et de son balcon. Tout cela sent le pays du bien boire et bien manger. Quelques restaurants et caves annoncent adhérer à la Charte Slow Food. Fournis par des producteurs locaux, ils offrent à leur clientèle des vins et des plats simples et typiques dans la tradition de la région. Cela a du sens. Pour nous français, cet affichage slow food fut un grand étonnement.

N’oublions pas, nous étions, ici, en Vénétie, belle région et grand pays viticole, qui produit 12% de la récolte nationale avec des vins très connus : Bardolino, Valpolicetta pour les rouges ; Soave, Tocai, Coli Orientali (…) pour les blancs.

Belle découverte…

Olympe Minvielle

mercredi 4 avril 2007

Château LAGARETTE à la télé

Le jeudi 12 avril à 20h50, le magazine Envoyé Spécial sur France 2 présente un reportage sur le thème "La vie sans toxiques" de Jean-Luc Bazizin, Régis Mathé, Mathieu Drejou, Rémy Richard, Roland Madura et Gérard Lemoine.

Le Château LAGARETTE a été choisi pour illustrer le thème "vin bio". Ce choix nous honore. Pour nous viticulteurs qui sommes des " résistants " à tous les discours " convenus " sur la vigne et le vin, notre présence dans ce reportage récompense nos efforts de dix années.

Produire un vin "sain et naturel" est devenu notre combat de chaque jour. Dans la région bordelaise, nous sommes cernés par toutes sortes de pratiques chimiques, toxiques et industrielles. Ce sont elles, qui dominent sans partage, le travail quotidien du vigneron, mais ce sont elles aussi qui détruisent, vie, biodiversité, environnement, etc.

Alors que certains vident de son contenu l’idée de développement durable, nous tenons, pour notre part, à LAGARETTE, à lui donner tout son sens : préserver les terres à vignes, préserver les traditions de vinification, transmettre nos "savoir-faire " pour que nos enfants puissent les reprendre et les valoriser. Modeste contribution à un combat "décisif " entre les partisans des vins industriels, corsetés chimiquement, aux goûts identiques et ceux qui, comme nous, à LAGARETTE, essayent de défendre des vins authentiques et d’expression.

Yvon Minvielle

mardi 3 avril 2007

Château LAGARETTE sélectionné par le CIVB

Le château LAGARETTE dans la sélection des guides du vin 2007 du CIVB "100 Bordeaux abordables"

1- Pourquoi LAGARETTE ? La surprise pour nous est d'importance ! Notre vin est un vin naturel, un vin bio, certifié en tant que tel. Qu'il se retrouve aujourd'hui parmi la sélection du CIVB nous surprend mais en même temps nous honore. Peut-être s'agit-il d'une première reconnaissance de l'effort fait, par nous-même et nos collègues, pour désengager les vins de Bordeaux du «corset chimique» afin de retrouver les saveurs d'antan, donner à nos vins toute la puissance du naturel. Autant que ce naturel puisse encore vivre et survivre ! Car n'oublions pas que les agressions que connaissent nos sols, par toute sortes de pollutions, font de nos travaux quotidiens un véritable combat, un ensemble de luttes minuscules : défense des sols, défense de nos haies, défense de toutes les plantes qui contribuent, directement ou indirectement, aux soins de nos vignes et à l'élevage naturel de nos vins, respect du producteur, respect du consommateur, etc.

2- Pourquoi la cuvée CYRUS ? Pour 2007, le Château LAGARETTE a donc été sélectionné par GaultMillau, parmi les 20 000 bouteilles dégustées, pour sa Cuvée CYRUS, 100% Cabernet-Franc, ce qui est rare en bordelais, où l’assemblage de cépages différents domine.
Ce cépage, planté par un ancien du village en 1995, se trouve sur une jolie parcelle orientée au levant, exposée à tous les vents, avec une terre à vignes du quaternaire (grave, calcaires, argiles fines, sable, quartz,...). La vendange de la Cuvée CYRUS est cueillie manuellement, vinifiée avec des levures indigènes et élevée sans produits chimiques, en barriques pendant 12 mois.

À LAGARETTE, nos pratiques sont dominées par notre souci de la santé et de la biodiversité. Chaque jour dans la vigne, nous observons la plante et son environnement. Dans le chai, l’élevage et le vieillissement en barrique font l’objet de toutes sortes d’attentions particulières. Ici "sagesses et savoirs faire" anciens sont préservés. Nous écoutons le travail du vin, nous goûtons les différentes cuvées et millésimes dans un esprit de recherche très précise. Avec patience, passion et finesse, Olympe a retrouvé un "art de vinifier oublié" ! Une belle réussite ! Une juste reconnaissance ! Dix ans après l’acquisition de ce domaine et la production de Cuvées originales et authentiques depuis 1998.

3- Pourquoi ce guide ? Cette sélection de 100 Bordeaux a été effectuée à partir de choix déjà publiés par les guides du vin : La Revue du Vin de France, Hachette, Le Classement des meilleurs Vins de France, GaultMillau, Guide Fleurus, etc. Tous ces vins de Bordeaux présentent une limite de prix de 15 euros. Il s’agit pour le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) de mieux faire connaître ces vins dans toutes les grandes villes du monde : New York, Tokyo, Séoul, Moscou, Genève, etc.

4- Références. "Cette cuvée est très loin des vins matraqués par la barrique neuve… le domaine sait tirer le meilleur de chaque millésime pour nous donner la plus juste et la plus sincère expression du terroir, du cépage et du climat" (GaultMillau 2007).
N’oublions pas qu’en 2004, Michel Bettane dans la Revue du Vin de France écrivait :
"Lagarette rappelle ce que Bordeaux sait faire de mieux que tout autre".

Yvon Minvielle

lundi 2 avril 2007

Préserver la biodiversité

À LAGARETTE, nous avons fait un choix : avant de sauver la planète (ce qui est important) il nous faut d’abord modifier nos manières d’intervenir en préservant la vie, en ré-interrogeant nos manières de faire lorsque nos interventions affectent, directement ou indirectement, le vivant végétal.




Les conclusions récentes des manifestations sur la biodiversité ont quelque chose d’effrayant, il faut bien le dire – autant d’espèces, de variétés, du vivant qui disparaîtraient dans les années à venir si rien n’est vraiment fait, c’est effroyable – dans le même temps, les observatoires et le développement des connaissances scientifiques, ne suffiront pas pour modifier les comportements de base.

Nous pensons qu’il est important, dans le quotidien de nos vies de producteurs de vins, de faire savoir comment nous travaillons, nous aussi, au maintien de la biodiversité. Vieille rengaine diront certains : il suffirait de modifier le comportement individuel pour que le social s’accomplisse autrement ! Nous savons bien que cela ne suffit pas. Mais nous savons aussi que toute modification du social passe par des actes individuels.

Alors, de quoi s’agit-il ? Pour nous, préserver la biodiversité, c’est bien entendu préserver la vigne en ne la soumettant à aucun stress et à aucune attaque phytosanitaire, mais aussi ses plantes environnantes, celles qui (nous l’avons dit et écrit) entretiennent avec elle un dialogue de voisinage et, dans un certain nombre de cas, la protègent par des jeux d’échanges. Mais c’est aussi veiller à ce que l’ensemble du vivant animal – certains insectes, vers de terre et autres travailleurs contributifs de petite taille – ne soient pas menacés par les produits phytosanitaires. Ce sont aussi les haies – extrêmement important les haies – au sein desquelles la vie animale se cache pour se reproduire. Elles sont sources de vivant et de diversité. Ce sont aussi les murets et autres endroits humides qu’il nous faut protéger pour favoriser le maintien de la biodiversité.

Olympe Minvielle