jeudi 21 juin 2007

Vin, terroir et developpement durable

Issu des plus vieilles vignes de notre terroir, le vin de la Cuvée "Renaissance" du Château Lagarette, raconte l'histoire des liens profonds de génération en génération, exprime les "savoir-faire" en héritage et la mémoire retrouvée.



Vin. Tout d'abord montrer qu'au Château Lagarette nous pouvions en 1998 produire du vin, un vin de qualité. Ce qui fut fait. Mais aussi prouver que nous ne nous contentions pas d'assembler des techniques pour fabriquer un vin "techno" destiné aux papilles de "buveurs d'étiquettes". Notre vin devait exprimer les "savoirs-faire" retrouvés, produits de la patience et du travail. Il nous fallait pour cela écouter, observer, lire mais surtout reconstruire, quelquefois même réinventer et/ou réinterpréter, les processus oubliés, abimés, méprisés par des gestes prétendument savants.
Dès la première vendange, Lagarette nous donnait à boire son vin rare et précieux. Puis, de dégustations en dégustations, de concours en rencontres, nous comprenions que quelque chose de grand était en train de prendre forme : un grand vin, un très grand vin renaissait de sa propre histoire.

Terroir. Certes, et nous en sommes fiers, ce vin est issu de notre travail, de nos réapprentissages, de la mémoire retrouvée. Mais cela ne suffit pas. Le vin prend forme dans un environnement spécifique, une tradition d'aménagement des sols, de travail de la plante, de réaction et d'utilisation des climats. La terre, le sol, le sous-sol, les plantes, le climat, les hommes, leurs savoirs : tout cela constitue ce que l'on appelle le terroir, sorte de matrice où le vin prend forme et développe ses qualités, accompagné, porté, développé par les interventions humaines. Car l'homme fait corps avec le terroir.
Et cela aussi nous l'avons redécouvert et compris au fil des jours et des saveurs. Quel plaisir de sentir son regard s'affûter, de prendre conscience que l'on voit et ressent aujourd'hui des choses que l'on ne voyait pas hier. Il faut du temps, beaucoup de temps, pour réapprendre à voir et à sentir. Il faut laisser le terroir nous pénétrer, nous façonner à nouveau, il faut que nous parlions son langage, que nous ressentions le message qu'il nous adresse.

Développement durable. Mais ce corps-à-corps avec le produit, le terroir et les mémoires revisitées nous a aussi appris (fait ressentir serait plus juste) que nous n'étions qu'un maillon dans une vaste trame aux multiples chaînages. Nous héritons d'un passé, de "savoir-faire", de traditions. Nous sommes, dans le présent, pris dans des jeux et des enjeux socio-économiques. Tournés vers l'avenir, nous devons transmettre et protéger pour que ce qui se joue aujourd'hui n'abîme pas ce qui demain pourra s'inventer. Ce lien profond de génération à génération, il ne suffit pas de l'énoncer formellement et froidement pour l'apprécier, il faut le vivre au quotidien et pour cela s'engager dans des rapports extrêmement concrets avec les traditions, le terroir et les manières de faire.

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