dimanche 23 juillet 2017

BIODYNAMIE, PRODUIRE PROPRE, PURETE DU PRODUIT, LE DEBAT...




Produire propre, pureté du produit, un débat qui prend forme dans les univers viti-vinicoles !


Dans les mondes viti-vinicoles d’aujourd’hui, la notion de « pureté » se fait progressivement une place. On l'utilise. On la réutilise. Elle est partout. Mais pourquoi donc une si forte présence ?



Pureté !  Quel mot !
Si l’on en croit le Petit Robert que nous fréquentons tous, et tous les jours, la pureté c’est « l’état de ce qui est pur et sans souillure » ou encore « l’état de ce qui est sans mélange (pureté native) », « l’état de ce qui se conforme avec élégance à des règles et à un type de perfection ». Enfin, c’est aussi « l’état d’une substance ne contenant en principe aucune trace d’une autre substance, homogénéité parfaite ». C’est « l’état de ce qui est sans défaut et sans altération ».

Ce matin, sur le pas-de-porte du boulanger, une personne m’interpelle. Elle me sourit. : « Vous êtes le vigneron du Château Lagarette ? »
« Oui, bien sûr » lui répondis-je. « Vous êtes venus récemment au domaine ? ». « Oui », me dit-il « avec Maud, ma compagne, sur recommandation de sa mère. »  « Ah ! »  « Oui »

Et de parler vin tous les deux, et de commencer à échanger le tout autour de ce qui fait la qualité des échanges.
« Il est bon, le vin que m’avez acheté ? »
« Oui » me répond-il. « Je l’apprécie beaucoup parce qu’il est pur » et d’ajouter « Dans ma cave, j’ai beaucoup de grands vins, de belles étiquettes, de grands noms, mais la pureté n’est plus au rendez-vous. Or  c’est elle qui m’intéresse aujourd’hui. C’est ce que je cherche, un vin puissant et pur. »

Juste après cette rencontre aimable, je vois apparaître sur l’écran de mon ordinateur une note venant d’un partenaire, laboratoire d’analyses, qui me rappelle les faits suivants :
« En mars 2017, la Commission européenne a publié un rapport sur l’étiquetage obligatoire de la liste des ingrédients et des valeurs nutritionnelles pour les boissons alcoolisées.
La Commission européenne invite les industriels à élaborer en un an une proposition d’auto-règlementation pour rendre visible la liste des ingrédients (notamment les allergènes) ainsi que les valeurs nutritionnelles sur l’étiquetage de toutes les boissons alcoolisées.
La Commission européenne évaluera cette proposition et lancera une analyse d’impact pour examiner d’autres options envisageables si l’auto-règlementation proposée par les industriels ne lui paraît pas satisfaisante. »
Diable ! Me dis-je si Bruxelles en parle c'est que l'affaire devient sérieuse. Elle est effectivement très sérieuse cette affaire.
L'idée, la notion de pureté ou encore de propreté fait déjà débat.

Comment produire propre ? Un récent débat, prétendu débat, organisé par le CIVB à la Cité du Vin à Bordeaux en est un magnifique témoignage. Nous avons assisté pendant près de deux heures,  à la confusion (voulue, non-voulue) entre trois idées « système de management environnemental » ,  « développement durable », et  « produire propre ». Or nous savons tous que ces notions ces expressions n'ont pas même statut. On peut très bien dire que l’on va  protéger l'environnement avec un discours sur le développement durable sans pour autant modifier les processus de production et continuer à produire « sale » tout en disant que l'on produit « propre ». Le dispositif discursif, le prétendu débat qui n'en était pas un visaient à faire croire que la simple mise en place d’un système de management environnemental permet de modifier des processus de production qui sont viciés depuis des années.

La question du produire propre est une question active aujourd’hui et surtout dans les domaines de la viticulture. J’ai souvent eu l’occasion lors de conférences ou d'échanges informels avec des partenaires et amis de raconter l'histoire des trois questions qui nous sont régulièrement posées par nos interlocuteurs en Amérique du Nord.

Première question : Est-ce que ton produit est propre ?
Deuxième question : Est-ce que ta terre est propre ?
Troisième question : Comment travailles-tu ?
Et enfin quatrième question : Où habites-tu ? sous-entendu le fait d'habiter de produire dans un village prestigieux quelque part niché, en Médoc, Pomerol, Saint-Émilion,  Bourgogne ou  Alsace,  ne suffit pas.
La terre n’est peut-être plus propre aujourd’hui. La manière de faire ne convient pas à ceux qui ont le plus grand souci de la nature et du respect que l’on lui doit et enfin, enfin le produit peut être arrangé de mille et une manières.

Il faudra donc dans les années à venir, que les responsables
institutionnels producteurs et les marchands  prennent en charge ces  trois questions.

Un fait important qu’il nous faut ici souligner. Quelles que soient les positions prises par les responsables institutionnels de la profession, les consommateurs et dégustateurs, sont aujourd’hui et plus que jamais, des personnes actives. Surtout dans la jeune génération.

Nous les avons vus récemment s’intéresser avec passion à la biodynamie Nous les voyons aujourd’hui devenir « vegan »  pour des raisons qui ne sont pas toujours liées à l’histoire du mouvement  « vegan ».  

Beaucoup se sont mobilisés à propos des souffrances imposées aux animaux dans les abattoirs. Cela a fait sourire certains mais le fond est d’une toute autre nature que le simple fait (cruel !) qui les a mobilisé. Ils sont  portés par un profond respect du vivant.

Produire propre, avoir le souci de la pureté, c’est aussi avant toute chose respecter le vivant, le vivant animal, le vivant végétal, vivant minéral. Mais aussi et surtout et en principal le vivant humain.

Yvon Minvielle 22 juillet 2017

ACTUALITE DU FILM " L' ESPRIT DU VIN "






Pureté, minéralité, vibrance.. Les vins qui font rêver ! Revoir le film “L’Esprit du vin.le réveil des terroirs” d'Olympe et Yvon Minvielle.



En 2011 lors de la production de notre film « l'Esprit du vin, le réveil des terroirs” » nous avons retenu à plusieurs reprises dans les propos tenus par nos interlocuteurs vignerons, la notion de pureté.
 

Quelquefois nous le verrons dans les notes rassemblées ci-après, cette notion de pureté était liée à l'idée de minéralité et à celle de vibrance.

Ainsi Emmanuel Giboulot vigneron à Beaune, nous disait «  La minéralité exprime une plus grande relation au sol. Le vin est plus cristallin. Il  exprime un  rapport intense à la Roche. C'est une relation à la pureté, à l'origine.  Cette dimension , la pureté n'était pas aussi présente  dans les vins que l'on pouvait, auparavant, élaborer en bio. Les pratiques les manières d'intervenir dans la vigne et dans le chai, liées à  la biodynamie favorisent   l’ accès à la pureté d'origine. ».

Guy Bossard vigneron Pays de Loire, lui, dans sa contribution soulignait que “C'est la pureté du produit, sa finesse qui différencie un vin de terroir d’un vin technologique”

Enfin, Denis Saverot Directeur de la rédaction de La Revue des vVns de France, affirmait « la France n'a pas le choix. Elle doit convertir son vignoble dans la production de vins d'exception avec de fortes identités et surtout avec cette dimension qui est une promesse qui fait rêver : la pureté. »
Et de continuer en disant que   « On ne pourra pas continuer indéfiniment à vendre à des prix très élevés des vins produits de manière industrielle ».

Enfin David Ridway Grand Sommelier à La Tour Blanche . Il nous faut aussi rappeler cette intervention de David Ridgway dans la continuité de l'échange sur la pureté où il nous disait  “On a cette vibrance dans les vins en biodynamie que l’on a peut-être pas dans les vins cultivés d'une façon chimique  On a cette minéralité, cette énergie, à l'intérieur du vin qui fait que peut-être aussi le vin a des capacités de garde plus importante que d'autres vins”

Yvon Minvielle le 10 juillet