jeudi 10 décembre 2009

Retrouver le goût du vrai


La confiance retrouvée

Un jour, dans un siècle ou deux , un historien, peût-être un socio-linguiste, à la recherche d'une phrase emblématique de notre époque s'arrêtera-t-il sur celle ci : " Tous nos opérateurs sont en ligne, nous ne pouvons prendre immédiatement votre appel" Pendant le temps d'attente qui ne devrait pas excéder 1 mn. Notre société soucieuse de votre confort vous propose une musique... Une, deux, trois , minutes s'écoulent sans que rien ne se passe, et lorsqu'enfin une voix venant d'où ne sait-on vous accueille, elle vous exprime avec positivité, qu'elle ne peut rien pour vous, où si peu.

Disons le autrement, notre société (nos sociétés, serait plus juste) a pris l'habitude de nous accueilir positivement : voix chaleureuse, musique, espoir d'une réponse positive pour mieux nous dire - sans nous le dire - qu'elle ne fera rien pour nous. Tout le monde peut s'exprimer mais personne n'est entendu. Tous les besoins seront pris en compte, mais très peu, ne seront satisfaits.

Le choix d'un discours positif sans suite est désastreux, est destructeur de confiance, tueur d'espoirs.

Seules les pratiques ordinaires, proches de nos vies de tous les jours, pourraient nous aider à retrouver le goût du vrai et à apprécier la force positive de la sincérité. C'est quand on connait celui qui fait le produit - le repas, la boisson - que l'on apprécie et que l'on peut retrouver le chemin de la confiance. Lui n'hésitera
pas à nous montrer le cheminement de son activité de producteur. Il évitera les discours inutiles et trompeur. Il nous ouvrira la porte des jardins où s' exprime sa sagesse pratique.

Le vigneron en biodynamie est de ceux là !

mardi 1 décembre 2009

Le vin exprime le lieu





Il y a des lieux. Il y a des vins vrais. Il y a des phrases qui marquent lorsqu'on les prononce dans certains lieux. A Luxembourg le 23 novembre 2009, Nicolas Joly "Coulée de Serrant" dans son propos introductif à la journée "Dégustation La Renaissance des A.O.C". a repris à sa manière ce thème fort et puissant du vin qui dit le lieu, l'exprime et le traduit. Les vins vrais disent les lieux où ils sont élaborés.
Le salon de Luxembourg, premier d'une série à venir, portera la marque de ce propos qui dit si bien, ce qu'est un vin en biodynamie.
Inspirés par les mots de Nicolas Joly, des vigneronnes et des vignerons d'Europe nous ont dit, ce que veut dire pour eux "faire un vin en biodynamie".

Nous en avons fait un petit film. Regardez le !

Olympe et Yvon, vignerons
Château Lagarette

mercredi 28 octobre 2009

Lagarette, sentinelle climatique

La TV( M6) : Rechauffement climatique et vendanges tardives !











Cépage sauvignon blanc
pour assemblage avec semillon, fin octobre 2009 !



Après avoir signé l'appel de Greenpeace et nous être exprimés sur ce sujet dans la presse écrite et à la radio, la Télévision ( M6) nous a rendu visite vendredi 26 octobre à l'occasion de nos vendanges tardives. Objet de la rencontre : expliquer, ré-expliquer que l'activité du vigneron biodynamiste s'inscrit dans une vision globale de la nature . Il est susceptible d'accompagner la vigne dans sa confrontation aux modifications climatiques. Cette posture positive ne nous fait pas pour autant oublier le risque majeur de la dérégulation climatique. Notre travail d'accompagnement du vivant et de recherche des harmonies, ne peut remplacer les interventions massives et indispensables des Etats pour stopper, si cela est encore possible le réchauffement de la planète. Ce n'est pas le moment de lâcher prise. Nous devons faire pression sur nos dirigeants pour qu'ils aient une participation active lors de la réunion de Copenhague.
Chateau Lagarette maintient sa position et continue sa marche ...

mercredi 2 septembre 2009

Gault & Millau : Lagarette "La Révélation 2010"



Château Lagarette
"Révélation 2010" Bordeaux

Gault & Millau 2010


Que d'honneur !

Cuvée Cyrus !

Cuvée Renaissance !





2009 sera l'année de notre douzième vendange, mais aussi et surtout, l'année de la "Reconnaissance du vin du Château Lagarette" par le Guide Gault & Millau, comme "Révélation 2010" pour les vins de Bordeaux : Un vin par région se voit attribuer chaque année cette honorifique distinction .

Extrait Gault & Millau 2010, p. 125 "Château Lagarette" : ".. On ne peut qu'être admiratif devant leur travail . Comment définir le goût du supplément d'âme ? C'est impossible, mais on peut toujours dire que ces vins ont de la race, une présence entière mais subtile, de l'élégance, ...

Le 2001 fait penser à une ballade en forêt pour ses notes aromatiques.
Le 2004 nous amène près de la mer avec des embruns.
Le 2005 inspire la cuisine italienne avec des poivrons et des herbes aromatiques. "


Certes, ce n'est pas la première année de notre présence dans les pages du Guide Gault & Millau, mais cette fois que d'honneur !
Tout cela est bien entendu le produit de notre travail collectif avec Alexandra et Karl nos enfants, famille, collaborateurs, vendangeurs, amis et proches. Mais aussi et surtout le résultat enfin reconnu du travail assidu, fourni par Olympe, depuis plus de dix ans : recherche perpétuelle dans le temps, l'espace et l'histoire, passion et précision, écoute et observation dans les moindres détails. Les sols vivants, la conduite du vignoble, la vinification, l'élevage, la conduite de l'exploitation en biodynamie, c'est elle ! Son souci de la santé, de l'environnement et de l'harmonie, guide ses gestes quotidiens. Les décisions, quelques fois risquées qu'il faut prendre sans attendre, c'est toujours elle ...

Le vin devrait porter son nom "Olympe". Nous y pensons, et avec elle nous préparons pour l'année 2010, un vin, une Cuvée exceptionnelle, une sorte de concentré d'expressions de tous ses "savoirs-faire" acquis par l'observation et l'écoute, qui font de Lagarette, le vin qui vous donne du plaisir.
" C'est une belle harmonie quand le faire et le dire sont ensemble " aimait à dire Montaigne

Prenant appui sur notre patrimoine végétal exceptionnel et sur un terroir rare de part son histoire, nous avons sélectionné quelques centaines de vieux ceps, sur des lieux privilégiés et selon des expositions bien choisies. C'est avec leurs fruits bien murs, que sera élaborée dans le secret, une très exceptionnelle "Cuvée Limitée" 2010 "Château Lagarette Vendanges Tardives", qui portera le nom de la maîtresse des lieux "Olympe". Feminin ce vin ? Pour un accord mets-vin tout en finesse...

La Cuvée "Olympe" 2010 Vendanges Tardives, est à réserver dès maintenant.
mail : chateau.lagarette@wanadoo.fr / Tel : 0603463060
Yvon Minvielle

vendredi 14 août 2009

La biodynamie à l'avant-garde des réponses possibles aux changements climatiques !


Paysage de vignes Québec Août 2009

Trait d'union :
Château Lagarette, Greenpeace, Copenhague 2009

Lorsque Greenpeace a adressé sa pétition au Château Lagarette, nous n'avons pas hésité une seule seconde pour la signer. Les propos étaient clairs, les visées justes et le contenu symbolique du vin français très porteur : " Exigeons des mesures ambitieuses pour notre vin et le climat ! Fleurons de notre patrimoine culturel commun, les vins français, élégants et raffinés, sont aujourd'hui en danger : les changements climatiques rendent les vignes de plus en plus vulnérables". Comment ne pas nous reconnaître dans ces propos ?

D'autant plus, qu'au Château Lagarette, nous sommes en biodynamie, c'est à dire que nous accordons au tryptique "terre/vigne/cosmos", une attention quotidienne et soutenue. Il va de soi pour nous, que la terre n'est pas un support neutre pour la vigne, pas plus que le climat serait une variable d'environnement. Non ! Tout est profondément lié, relié, enchevêtré même, pourrait-on dire.

Le vigneron en biodynamie, observateur, attentif de la vie végétale et animale a appris au fil du temps à travailler les équilibres entre terre, plante, climat , cosmos. Il ne néglige pas les savoirs empiriques accumulés depuis des millénaires par les populations vigneronnes. Il n'ignore pas non plus, les apports de la science positive et des techniques qui l'accompagnent ou la précédent. Mais cette science, il la prend comme une ressource parmi d'autres sans plus, susceptible de l'aider dans ses recherches quotidiennes d'harmonies et d'équilibres du vivant ... toujours provisoires.

Face aux risques climatiques majeurs que nous allons inévitablement affronter dans les décennies à venir, on peut dire que le vigneron en biodynamie se trouve dans une posture "avant-gardiste". Ses savoirs pratiques trouvent leur fondement dans une connaissance intime et approfondie des dérégulations qui travaillent le tryptique "terre/plante/cosmos". Sa sagesse pratique lui permet d'intervenir juste ce qu'il faut et à temps, pour rétablir équilibres et harmonies.

Les viticulteurs en biodynamie inventent chaque jour cette "viticulture de demain" dont nous avons besoin pour faire face aux dérégulations climatiques. Mais il nous faut aussi agir dans l'espace du politique et exiger de nos dirigeants qu'ils relèvent avec nous, le défi des changements climatiques.

Faisant suite au protocole de Kyoto 1997, le Sommet de l'ONU avec ses 200 dirigeants des pays industrialisés du monde, se réunira à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 . Il ne peut être un échec ou une simple date sur un calendrier.
La planète, les hommes, les vignes, ne le supporteraient pas !

Liens pour en savoir plus sur l'énergie et le climat
* Réseau action climat
* MIES: Mission Interministérielle de l'Effet de Serre
* Les Amis de la Terre

vendredi 24 juillet 2009

Venir au Château Lagarette en bateau !


Port Neuf à Camblanes et Meynac

Surprise ! Depuis Bordeaux,
En remontant la Garonne, à bord du bateau "Le Burdigala"
En s'arrêtant à Port Neuf à Camblanes,
Puis en remontnt le petit Chemin Danseze,
On arrive au Château Lagarette !

Comment redonner vie à ces pratiques de déplacement ancestrales ? Utiliser le fleuve, les bicyclettes ou tout simplement marcher pour mieux relier la ville de Bordeaux à ses environs à 15 km en aval de Bordeaux sur la rive droite. Les ports d'avant, les pontons d'aujourd'hui, ouvrent la route du vieux pays "L'Entre-Deux-Mers", l'une des plus belle terre de la région bordelaise. Souvent oubliée, parce que le vin que l'on y produit n'est plus bien classé. Et pour tous l'Entre Deux Mers" a été utilisé pour faire " pisser" la vigne et fournir le négoce en Bordeaux générique. On oublie que ces vins étaient nommés " vins médecins" car ils soignaient d'autres vins venus d'autres régions bordelaises. Mais cela changent. Les plus futés et informés savent très bien que le sol, les terres à vignes sont de très grandes qualités. Et qu'il est tout à fait possible d'y produire de très Grands Vins. Les terroirs et les talents des viticulteurs sont là, exceptionnels.

En attendant que cela se fasse et cela est entrain de se faire, Château Lagarette est l'une des premières étapes pour les randonneurs et autres vélocipèdes en route depuis Bordeaux, pour la découverte du vieux pays, rive droite.

Et c'est avec un très grand plaisir qu'au Château Lagarette, nous avons accueilli le 17 juillet dernier une trentaine de randonneurs sportifs et institutionnels de l'aglomération Bordelaise, réunis autour du projet " EcoTour" : Dégustation bien sûr de nos Cuvées Cyrus et Renaissance, mais aussi présentation de nos pratiques et de ce que l'on entend par "biodynamie", avec la place de la "biodynamie" dans la viticulture bordelaise. Etonnements ! Pour tous, une découverte intéressante !

L'enjeu dans cette intention d'une découverte "douce", c'est-à-dire à faible consommation d' énergie pour visiter l'Entre-deux-mers", c'est d'ouvrir d'autres voies, d'autres possibilités, pour aller vers d'autres vignobles, avec d'autres moyens de locomotion.

Nous souhaitons grande réussite à ce projet. Château Lagarette accompagnera cette magnifique initiative !

jeudi 11 juin 2009

Le vigneron en biodynamie et le philosophe


"Les Transformations silencieuses" Editions Grasset et Fasquelle 2009
François Jullien, philosophe :
"Grandir, vieillir ; mais également l'indifférence qui se creuse, jour après jour, entre les anciens amants, sans même qu'ils s'en aperçoivent ; comme aussi les Révolutions se renversant, sans crier gare, en privilèges, ou bien le réchauffement..."



Je lis François Jullien depuis des années. Impressionné en 2002, par le "Traité de l'efficacité" (Essai Edition Poche), où je retrouvais comme en écho, certaines de mes thèses en développement. Je l'ai été encore plus, par son travail sur le potentiel de situation, les jeux d'opposition entre "procès" et "création", etc...
Aujourd'hui, François Jullien nous livre une longue méditation argumentée sur "Les transformations silencieuses", celles que nous vivons sans les percevoir, ni les ressentir, l'âge qui vient pour nous mais aussi pour cette "nature" avec laquelle nous faisons corps. Nous vivons dans l'illusion d'une permanence dans la non-perception, le non ressenti de ces transformations silencieuses qui ne sont pas des révolutions mais qui, de proche en proche, nous modifient, nous transforment.
Avec tout le respect que je dois à François Jullien pour son oeuvre, ce qu'il nous donne à penser, etc... je voudrais introduire un point de vue autre, produit de notre expérience vigneronne. Point de vue que je pourrais énoncer comme suit : celui qui dans une pratique bio et biodynamie, accompagne le cycle annuel de sa vigne perçoit, ressent les transformations silencieuses qui travaillent vitis-vinifera. J'ai bien écrit perçoit, ressent, plutôt que voit et comprend - ce que je n'exclue pas- à condition de s'expliquer sur les termes - et, cette perception, ce ressenti, s'élaborent au sein de ce que nous avons appelé "le corps à corps" avec la matière, quelle soit végétale ou autres. La permanence du contact, produit d'une vie quotidienne partagée autorise cette perception, ce ressenti des transformations minuscules et silencieuses à l'oeuvre la nature ou qui sont peût-être tout simplement la nature elle-même.
Le vigneron vit, en prise directe, "les transformations silencieuses" de sa vigne et de ses vins. Le verbe vivre ici voudrait signifier que le vigneron, sa vigne et ses vins font corps. D'où le ressenti et la perception partagée.
Le périmètre de cette réflexion tout juste esquissée pourrait être étendu à d'autres cultures. Ce qui fonde notre courte méditation sur le vigneron et les transformations silencieuses, ce n'est pas notre proximité avec le vivant végétal, ce serait plutôt la posture, le regard sur le rapport homme/nature, homme dans la nature, en quelque sorte qui donne sens à cette proximité.Je ne pense pas que le vigneron "conventionnel" sorte d'intégrateur de solutions toutes faites, pour des problèmes qui ne sont bien souvent ni compris, ni analysés, puisse se re-trouver, ou tout simplement se trouver dans cette idée d'un "corps à corps" avec la nature, qui nous permet de saisir les transformations silencieuses de la plante.
Le choix du mode cultural induit une certaine vision, des liens homme/nature.

Yvon Minvielle


lundi 18 mai 2009

ça tourne en Pays de Loire !


Nicolas Joly. Bibliothèque du Château de la Roche aux Moines.
Clos de la Coulée de Serrant
. Savennières. En biodynamie depuis 1980.

Deuxième étape : Tournage en Pays de Loire. Trois vignerons en biodynamie rencontrés à cette occasion, sans oublier leur compagne, leur famille et leurs proches : Nicolas Joly et Coralie ( "Clos de la Coulée de Serrant" à Savennières), Philippe Gourdon et Françoise ( "Château Tour Grise" Le Puy Notre Dame), Mark Angéli et Christine ( "Ferme de La Sansonnière" à Thouarce).
Et quels vignerons, que de sagesses pratiques ! Deux journées très chargées, passionnantes par la qualité des échanges, l'accueil, l'amitié, la simplicité. Difficile, impossible même d'en rendre compte.Simplement, pour mémoire quelques traits pour nommer chacun d'eux.
Un Nicolas Joly, porteur d'une vision globale, se déplaçant avec grande agilité, des univers pratiques vers des horizons spirituels et philosophiques, mais à certains moments, prenant le temps du récit familial ou de l'histoire du métier se construisant, évoquant ses amitiés présentes ou passées... Philippe Gourdon, lui, a pris le temps de nous initier à sa vision ( et à ses pratiques) de l'enherbement naturel, où les plantes sont respectées dans l'accomplissement de leur cycle. Ce qui se traduit par une seule tonte entre les rangs de vigne, juste avant les vendanges. Mais il y a plus, à chaque plante son insecte, à chaque insecte ses oiseaux. Tout se tient.
Quand à Mark Angéli, il plaide la cause des "Vignes libérées" libérées de tout palissage, taillées en gobelet pour un plein épanouissement de la plante et du fruit. On le sent en recherche perpétuelle pour améliorer, ajuster serait plus précis, les interventions du vigneron à ce que demande la vigne. Soucieux de la transmission de cette culture de métier qui lie la vigne et le vigneron, il s'inquiète des générations futures et de leur héritage.

jeudi 23 avril 2009

ça tourne en Bourgogne...







"VIGNERONS DU MONDE"
"WORLD'S BEST WINE PRODUCERS"
Biodynamy and organic wine for the futur.

Avril 2009 : Pour le web, pour un grand film,...


"World's best wine producers" n'est plus une projet rêvé. C'est aujourd'hui un projet actif. La semaine dernière, nous étions en Bourgogne "Burgundy" pour les premiers tournages. Avec des vignerons du groupe "La Renaissance des Appellations", Emmanuel Giboulot, Anne Claude Leflaive, Pierre de Benoît, et Jacky Rigaux (auteur de nombreux livres sur "les terroirs bourguignons"), nous avons commencé la belle aventure du "dire et du faire" de la pratique viticole en biodynamie. Que d'étonnements !

Né d'un jeu de rencontres et d'opportunuités , "World'best wine producers" sera conduit par des vignerons (en bio et biodynamie ) par ailleurs producteurs de films - praticiens du numérique et du multimédia, nourris d'une culture antropologique, sociétale et philosophique.

Affirmer et afficher les différences ne suffit plus. Pour mieux démontrer, il faut montrer : les pratiques, les manières de faire, les postures, les interventions, les techniques et procédés, la variabilité des situations et leurs effets sur nos manières d'intervenir, sur les arts de la vigne et du vin, les talents du vignerons, ses lectures du monde, etc... La plante, être vivant, vit de ses liens avec ses environnements, ses reliances. Le vigneron fait corps avec eux. Il les ressent plus qu'il ne perçoit. Faire comprendre ces liens, les montrer ! Telle est l'ambition du projet "Vignerons du monde", "World's best wine producers" ! Désir de faire comprendre le corps à corps du vigneron avec le vin en train de se faire, dans les barriques, les cuves, les caves, les celliers, les chais et autres lieux,.. Recherche de l'équilibre, de la grande pureté, approche de l'harmonie presque parfaite, expression de la vérité du terroir . Pour le bonheur de tous !

lundi 13 avril 2009

Cancer. De quel vin parle-t-on ?


Apparition des premières grappes 2009 à Lagarette

Cancérigène, le vin ? De quel vin parle-t-on ? Et qui parle ainsi ?


Pas facile d’aborder ce sujet dans notre blog. Mais comment l’éviter, l’info est partout. Alors pourquoi ne pas faire face, et dire ce que nous pensons des propos tenu par l’INCa ( Institut national du cancer ) dans son document « Nutrition et prévention des cancers » mis en ligne le 17 fevrier 2009.

Quatre points en forme de réserves :

Première réserve : En France la parole du médecin, encore plus celle du médecin ayant un statut fort est en principe inattaquable. Conéquence , les propos tenus par le Professeur Dominique Maraninchi, Président de l’INCa « le vin est un alcool, donc cancérigène » sont doublement garantis par la science d’une part et par le service de « l’Intérêt Général » d’autre part. Sauf que cette prétendue universalité ( scientifique et républicaine) n’a plus la tenue et la stature que l’on pouvait auparavant lui accorder. La science prétenduement positive dévoile un peu plus chaque jour les choix, et c’est heureux, qui sont au fondement de ses argumentations. Ainsi pour le rapport qui nous intéresse Dominique Maraninchi nous explique dans le journal « Le Monde » du 10 avril dernier, que tout est un problème de dosage et qu’il ne faut pas confondre le dosage maximal et le dosage recommandé. Merci Professeur, pour cette précision ! Elle nous permet de mieux apprécier la « qualité scientifique » des propos tenus, qui apparaissent ici, comme essentiellement argumentaire.

Deuxième réserve : L’universalité des propos tenus par l’ INCa n’est pas partagé par l’ensemble de la communauté médicale. Ainsi certains médecins dont David Servan Schreiber, auteur de l‘ouvrage « Anticancer » ont souhaité faire connaître par la « Grande Presse » un autre point de vue, une autre lecture des faits. Question de dosage !

Troisième réserve : Toutes ces Institutions de Recherches fonctionnent en réseau. Elles s’appuient les unes sur les autres pour parvenir à des conclusions qui certes les honorent, mais qui aussi les servent. Certains diraient qu’ils forment un « lobby ». On lira avec intérêt l’article de Jérôme Beaudouin de « La Revue du Vin de France » où celui ci nous montre et nous démontre qu’il existe des liens entre les ligues anti-alcooliques, les auteurs de certaines études et les plus Hautes Autorités sanitaires, et que ces liens se traduisent entre autres par du statut et de la rémunération.

Quatrième réserve : Pas un seul mot à notre connaissance sur le fait qu’il y a au moins deux sortes de vin : les "conventionnels » et les "naturels ». Tous deux contiennent bien entendu de l’ alcool, mais les conventionnels eux, sont en plus chargés de résidus de pesticides et de produits chimiques œnologiques, dont on connaît les qualités cancérigènes et leurs effets sur la santé.

Alors pourquoi, Messieurs de l’INCa, ne pas lancer une étude dont le libellé pourrait être, sous réserve d’être aménagé et travaillé "Etude comparée des risques cancérigènes" pouvant être attribués aux vins conventionnels d’une part et aux vins naturels ( Bio , biodynamie, vins de terroir, etc…) d’autre part.
Pour votre information, dès 2007 des vignerons en bio et biodynamie ont eu le souci de faire analyser la teneur en résidus de pesticides de leur vin (Blog : httpchateaulagarette.blogspot.com, 13 juin 2008 "Le vin de Lagarette sans résidus de pesticides" )
Ces initiatives font suite à l' "Etude Vin PAN Europe" 26 mars 2008 " Message dans une bouteille" sur le même sujet. La "Très Grande Presse" a repris avec une extrême modération les communiqués et conclusions de ces études. Dommage et dommageable pour la compréhension du plus grand nombre des consommateurs et de nos concitoyens, des problèmes que Messieurs vous soulevez.
C’est la suite logique de vos travaux ! Nous attendons !

lundi 16 mars 2009

Blog et bio à Bordeaux ?

"www.vitiblog.com" une fabuleuse galaxie de positions et points de vue des mondes de la vigne et du vin.



Printemps "bio" à Lagarette: au pied des vieux ceps, des boutons d'or ...


Nous venons d’achever une promenade numérique dans la blogosphère vigneronne www.vitiblog.com On trouve de tout dans ce méta-blog : blog de vignerons, blog d’amateurs de vins, thèmes en débats, controverses et affrontements entre bio et conventionnels, y compris le blog de Lagarette, etc…
A y regarder de près, cette caverne d’ Ali Baba contient des trésors. Elle nous livre en brut les discours des communautés vigneronnes. L’important ici, c’est bien l’expression “en brut”. Sauf exception, les propos sont simples, directs, sans appareillages inutiles. Ils nous disent ce que pensent nos compagnons et partenaires sur des sujets qui font débats dans nos univers “Viti- Vini”. Nous avons là devant nous, une fanfastique galaxie des positions et points de vues des mondes de la vigne et du vin. C’est fabuleux !.
Espérons qu’aucun grand régulateur ne viendra détruire cette socio-diversité témoin de la richesse de la culture vigneronne. Elle s’exprime pleinement dans les textes des bloggeurs.

En visitant les blogs de vignerons conventionnels, on apprend de surprenantes “ choses”. Le rapport de force, bio / conventionnel, se modifiant, les plus radicaux des conventionnels ont semble-t-il, redimensionné les formats de leurs discours. Cela prend aujourd’hui, à quelque chose près, la forme suivante : “ Le bio c’est bien, c’est même très bien, mais chez nous à Bordeaux ce n’est pas possible”. Il faut être raisonnables ( ouverture vers la viticulture raisonnée) et responsables ( sous entendu les bios ne le sont pas). Nous ne pouvons pas mettre en peril, notre production et la vie de nos exploitations, et tout ce qui va avec, emplois directs et indirects. Sous entendu : Par temps de crise, la defense de l’emploi et de notre patrimoine personnel a plus d’importance que la protection de la santé des consommateurs. Sympa le conventionnel ?

Dans notre région de Bordeaux, nous nous sommes souvent heurtés à un rejet radical de la viticulture “bio” et encore plus de la biodynamie. “ Ce n’est pas possible, c’est meme ici impossible, les bios sont des menteurs, des dissimulateurs, ils sont sales et ils trompent leur monde, ,etc..”. Inutile de donner trop d’importance à ce genre de propos. Mais il faut savoir qu’ils existent, qu’ils circulent même chez les plus jeunes, et qu’ils servent à masquer l’inquiétude panique de certains “Grands Châteaux” du Bordelais, inquiéts qu’on leur demande un jour de prouver qu’ils n’utilisent ni pesticides ni produits phyto-sanitaires divers, et surtout que le taux d’utilisation, si tel est le cas, n’est absolument pas nocif pour la santé des humains.

samedi 14 février 2009

Se reconcilier avec les vins de Bordeaux

Angers 1er Février 2009. Grenier Saint-Jean. Tendances "biodynamie"



Belle manifestation, bien réussie avec de très nombreux participants. Un grand merci à Mark Angéli « Ferme de la Sansonnière », à Nicolas Joly « Coulée de Serrant » www.coulee-de serrant.com, ainsi qu’à tous ceux qui ont participé à la préparation de cet événement.
Mais, grand étonnement ! Etonnement positif que d’avoir entendu plusieurs fois dans la journée « Si vous continuez à « nous donner à boire » des produits d’aussi grande qualité, vous allez nous réconcilier avec les Bordeaux ! Pourquoi ? avons- nous répliqué, y aurait-il des Bordeaux qui vous ont faché ? Faché non ! Mais déçu certainement. Les vins de Bordeaux ont perdu leur originalité Aujourd'hui tous les vins " techno" se ressemblent" même les plus grands."
Ceux qui nous ont tenu ces propos ne sont pas de simples amateurs, mais des professionnels, cavistes, restaurateurs, importateurs. Quels plaisirs ! Quelle reconnaissance !

Les appréciations de Bettane et Deseauve , il y a quelques années, à propos de notre Cuvée Renaissance, vont- elles enfin être entendues par le plus grand nombre : « Le Château Lagarette rappelle ce que Bordeaux sait faire mieux que tout autre ! »

Mais s’il est plaisant de constater que les « meilleurs vins naturels de Bordeaux » peuvent contribuer à réconcilier les acheteurs et consommateurs avec les Bordeaux, il est par contre inquiètant de lire sous la plume de journalistes avertis, des propos comme : « « Demain tout les vignobles seront « bio » et les jeux d’opposition actuels entre « bio » et vins " techno" n’auront plus sens ».
Le sous-entendu est évident. On peut le résumer ainsi : « Puisque demain tout sera « bio », ceux qui ne le sont pas aujourd’hui, le seront demain. Alors à quoi bon vanter les « bio » d’aujourd’hui. Il vaut mieux s’intéresser à des valeurs sûres, connues de tous, et qui demain ne pourront être que bio ou biodynamie.
Non ! nous n’exagèrons pas ! Dans la même publication on trouve un commentaire positif, très positif, sur le vin d’un château "techno" que nous connaissons bien, dont il est dit « prochainement en biodynamie » Ce sont les derniers mots du texte. Tout est dans le mot «prochainement ».

jeudi 29 janvier 2009

Détour par l'Egypte, où la vigne est symbole de la vie qui renait

Nous sommes au bord du Nil, à Louxor, sur les " anciens vergers à vin". Il y a là depuis le Vieme siécle avant JC, les premiers témoignages d'une viticulture organisée. Sur les murs des tombeaux, des peintures fraîches : taille, cueillette des raisins, foulage, pressage, fermentation, soutirage, transport, et conservation : jarres et amphores...



Scène de foulage. Raisin non égrappé dans des cuves en bois d'acacia peint à la chaux.


Détour nécessaire à tous ceux qui souhaitent comprendre, tenter de comprendre au mieux les fondements de nos cultures et de notre civilisation. Mais détour imposé à tout vigneron qui veut se ré-approprier les formes premières de nos pratiques « viti-vini ». Il trouvera inscrites et peintes. sur les murs des tombes dans la « Vallée des artisans » à Louxor, les étapes du travail de la vigne et de la vinification au fil des saisons. Il comprendra aussi la place importante qu’occupait la vigne et le vin dans la vie ordinaire des habitants de la vallée du Nil ( tombe de Senefer). Enfin il sera surpris, comme nous, que certains anciens cépages que nous cultivons – le cabernet franc- étaient présents et productifs dans la Vallée du Nil, il y a 4000 ans.
Visiter de tels lieux est aussi une invitation à la modestie, mais aussi une sollicitation forte pour dépasser – définitivement- des controverses qui n’en sont plus.
A notre connaissance les égyptiens n’utilisaient aucune molécule de synthèse. Ils avaient par contre un rapport, des rapports, intimes avec ce que nous appelons « nature », très cultivés, très insérés dans une vision cosmique du vivant.

vendredi 9 janvier 2009

BONNE ANNEE 2009



Petit matin du 6 janvier 2009 à Lagarette


Chers amis( es),
Le Château Lagarette vous souhaite une bonne année 2009, année exceptionnelle, où les vins naturels en "biodynamie" seront appréciés pour ce qu'ils sont : des "vins sincères" Ils affichent ce dont ils sont faits, et comment ils sont faits. Ce sont des vins cordiaux et amicaux qui respectent leurs consommateurs.
Olympe et Yvon

mardi 6 janvier 2009

BUDAPEST, Novembre 2008

C'était il y a déjà, plusieurs semaines. Une dégustation en Hongrie. La première du Groupe Renaissance des A.O.C. avec des vins en biodynamie .


Les participants souvent des femmes, se pressaient, devant les tables, verre tendu et visage souriant.

Nous étions une cinquantaine de vignerons, français, italiens, espagnols, slovènes. Tous presentaient leurs vins pour cette première aux amateurs et dégustateurs hongrois.
La salle était d'une exceptionnelle beauté avec ses parures, ses dispositions, sa place au sein de l 'immeuble. Cela nous rappelait ce que furent la puisance et la richesse, au temps de l'empire austro-hongrois. Nous habitions le temps de la dégustation l'un de ces lieux où l'on ressent, sans trop savoir pourquoi la magie et le magnétisme. Les participants nombreux se pressaient, se bousculaient devant les tables, verre tendu et visage souriant. Que de questions et de réponses bâties avec des mots, des gestes et du goût. Le simple fait de se pencher pour déguster entre deux personnes vaut réponse.
Un point particulier pour notre Cuvée Cyrus du Château LAGARETTE. Questions, étonnements : du cabernet franc ? Vous "faîtes" du 100% cabernet franc à Bordeaux ! C'est étonnant ! Ce n'est pas la tradition en bordelais ! Et d'ajouter par tous, le cabernet franc ici en Hongrie, nous le connaissons bien , nous le travaillons particulièrement. Que d' échanges, que de discussions autour de cela !

Mais on ne peut limiter la restitution des souvenirs hongrois au seul moment de la dégustation. La ville très belle, au bord du Danube, riche de son passé mais aussi de son présent se plait - on le sent - à inventer, à ré-inventer, à enrichir, à développer des lieux de vies. De la vieille ville, au Parlement, en passant par la patisserie Gerbaud, les Bains , les Grands Cafés, les églises, les caves à vin et le TOKAY, tous ces lieux de vies, nous ont appris les charmes et la vitalité hongroise.

Mais rien de tout cela, découvertes et rencontres n'aurait pu être possible sans le travail patient et assidu d'Andras Kato notre ami et importateur à Budapest. C'est lui et son équipe qui ont organisé cette dégustation ainsi que la soirée des vignerons . C'est lui aussi qui a pris de son temps pour nous accueillir dans les locaux du "Club Terroir"www.terroirclub.hu pour un temps convivial d'échanges et de dégustation.