mercredi 1 août 2007

Le "bio" dérange !

Qu'est-il arrivé à Bernard Pouey, "agriculteur Bio" dans le Sud Ouest de la France ?



Le "bio" dérange. Pendant longtemps on s'en est amusé. Les "bios", individus ou pratiques, faisaient rigoler la galerie. Chacun avait son "bio" et les histoires qui vont avec, un peu comme avant (fin des années 70) où chacun dans son village avait son "hippie" et les histoires croustillantes et délirantes qui leur étaient attachées.

Et puis, et puis... la vache est devenue folle, les moutons ont attrapé la tremblante, les poulets, la grippe aviaire, les moules ne sont plus comestibles, les huîtres sont souvent malades, les antennes téléphoniques ne sont pas sans effet sur la santé des personnes, les voitures polluent, le CO2 tue, la planète s'épuise, les nappes phréatiques sont polluées, etc. Il paraîtrait même que les engrais, les pesticides et autres "roundups" seraient sources de maladies. Ainsi le progrès, le progrès propre, celui qui nettoie, serait vraiment sale. Sale jusqu'à n'être plus présentable.

Situation gênante, très gênante pour tous ceux, élus, agents économiques et instances administratives, qui tirent profits et pouvoirs, du prétendu "progrès" en ignorant - sont-ils sincères ? - tous les dégats sanitaires et sociaux que celui-ci a pu générer et qu'il va continuer à générer, si les rapports de force restent inchangés.

Il importe donc pour tous ces écocides (ceux qui tuent la nature) de faire taire le "bio", si possible de le chasser et si nécessaire de le ruiner. Car le "bio" par ses pratiques, par le simple fait qu'il soit là, fait ressortir les pratiques détestables et meurtrières des "amis du progrès propre".

C'est ce qui est arrivé à Bernard Pouey, agriculteur "bio" installé à Saint-Dos, entre le Béarn et le Pays basque. Il faut dire qu'il en a rajouté au simple fait d'être présent. Cerné par des champs de maïs OGM. Il a souhaité observer et expérimenter les effets de l 'environnement OGM sur ses propres plantations. Et comme par hazard, malgré toutes les précautions prises, son "maïs test" est devenu famélique, devenant ainsi incapable de porter la preuve attendue.

Suspicions, sabotages, plaintes, procès à venir... On veut discréditer celui qui dénonce les crimes commis contre la nature en l'empêchant de fabriquer de la preuve.

Cette histoire n'est pas la première du genre, et elle ne sera sûrement pas la dernière. Il faut faire taire le "bio". Hélas pour les "amis du progrès propre", l'opinion publique est en train de basculer par peur bien sûr, mais aussi parce que la mémoire paysanne, celle des savoirs traditionnels n'est pas loin : une, deux à trois générations au plus.
Vivre autrement est possible, d'autres l'ont fait avant nous, et ça n'était pas l'âge de pierre.
Restons vigilants.

1 commentaire:

Kiandra a dit…

Interesting to know.