lundi 10 septembre 2007

La viticulture bio dans la presse

Les dérèglements climatiques de cet été ont provoqué des ravages en agriculture. Les journalistes de la grande presse se sont intéressés aux pratiques de la viticulture bio. Pourquoi le " bio" ? Étonnement...


Cabernet franc à Lagarette : septembre 07

L’été 2007 a été dur, très dur, pour les viticulteurs bio. Mildiou, oïdium, sécheresse, excès d’humidité (...) nous ont malmené de mai à septembre. Et pourtant, au milieu de ce désarroi, la presse (la grande presse) a trouvé utile (pour qui ? pour quoi ?) de parler de nous à plusieurs reprises. Trois faits méritent d’être signalés.

France 2 tout d’abord qui le 20 août, dans un petit sujet sur la Chine et le vin, fait allusion à un producteur chinois qui serait en bio. Surprise ! Étonnement ! Ravissement ! On veut comprendre… Mais le commentaire coupe court et l'on en sait pas plus. Un peu comme si le journaliste et son rédacteur en chef regrettaient d’en avoir trop dit. Et de un ! Ensuite, Le Monde 2 nous propose, le 02 septembre, un mini reportage sur un producteur qui en Pays de Loire se bat, seul et contre tous, pour la qualité et le bonheur des vins traditionnels. Et de deux. Enfin dans Le Monde daté du 04 septembre, un article de fond (on peut le considérer comme tel) dresse un tableau, des difficultés rencontrées par les viticulteurs bio en cette année 2007. Et de trois.

Mais au cœur de l’argumentation, de toutes ces argumentations, il y a comme un soupçon (volontairement placé là ?) sur ce que peut vraiment faire le viticulteur bio. Ainsi le témoignage de Monsieur X, viticulteur bio, certifié et reconnu, qui transgresse les règles pour sauver sa récolte et son revenu : " Seule l’application d’un produit non-autorisé me permettait de sauver ma récolte ".

En clair, pardon en " dissimulé ", toutes ces initiatives de presse nous disent que la viticulture bio ne résistera pas à un dérèglement climatique et que même ceux qui en sont les militants les plus fervents vont très certainement la trahir et l’abandonner. De là à penser que l’Union des Industries Chimiques a financé l’article, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a quelque part une convergence entre toutes ces contributions, celle dont je viens de vous parler et bien d’autres encore. Toutes visent à montrer, démontrer que le bio (le vin bio surtout) est une mission impossible à tenir dans les circonstances climatiques actuelles. Restons vigilants !

mardi 4 septembre 2007

Le vrai goût du Bordeaux

Les dégustations "La Renaissance des Appellations" avec les viticulteurs en biodynamie, continuent dans les grandes villes du Monde. Le 27 août dernier, c'était en plein cœur d'Oslo à Gamle Logen, lieu prestigieux. Karl notre fils et Julie sa compagne, étaient présents à la table du Château Lagarette. De nombreuses questions sur nos manières de faire !


Gamle Logen, lieu prestigieux, au cœur d'Oslo

Les Norvégiens sont très sensibles à leur alimentation traditionnelle. Ils préfèrent éviter les produits venus d'ailleurs. Et le vin dans tout cela ? La Norvège ne produit pas de vin... et pourtant ils sont consommateurs à toutes les occasions conviviales, fêtes, fins de semaine... Si les jours ordinaires sont sobres, le samedi lui appelle le plaisir partagé, autour de grands vins. Ce sont des connaisseurs.

Toujours est-il que la dégustation a eu beaucoup de succès. Notre table était sans cesse assaillie par des professionnels mais aussi des curieux et amateurs de vins rares. Les questions étaient nombreuses et surprenantes. Avides de connaissances sur nos cépages et nos pratiques vinicoles, tous cherchaient à retrouver avec Le Château Lagarette "le vrai goût du Bordeaux", celui qui aujourd'hui hélas, est un peu "oublié". Homogénéisation et standardisation des goûts obligent ! Cette recherche de la typicité du goût authentique est rare. En tout cas pour nous, c'était la première fois qu'on nous tenait de tel propos dans une dégustation.


Karl Minvielle, à la table du Château Lagarette

Les Norvégiens ont donc apprécié la Cuvée RENAISSANCE, issue de vieux ceps, merlot, cabernet et malbec, élaborée dans la pure tradition bordelaise dans des barriques neuves, Ils se sont interessés à nos manières de faire : notre "art de faire de vin" personnel, inspiré de pratiques anciennes.
Michel Bettane n'a t-il pas écrit dans la Revue du Vin de France en 2004, au sujet de cette Cuvée : " Lagarette rappelle ce que Bordeaux sait faire mieux que tout autre" !

Par contre, quel étonnement pour ceux qui ont goûté la Cuvée CYRUS. Il est vrai que c'est une expérience originale, puisque il ne s'agit pas d'un vin d'assemblage traditionnel, mais d'un vin issu d'un seul cépage, le Cabernet-Franc. Surprise et incompréhension de leur part. "Pourquoi mentionnez vous alors sur l'étiquette "Vin de Bordeaux" ? Ne risquez vous pas de perdre la richesse, l'équilibre, le goût tanique et le léger boisé si agréable, si caractéristiques des vins de Bordeaux ? Pourquoi cette innovation ? " ont-ils dit. La réponse : "La tradition s'invente chaque jour !".
Notons que le dégustateur critique, réservé et agacé par cette innovation est revenu plusieurs fois à notre table pour faire découvrir à ses amis les saveurs de cette cuvée à la fois originale et innovante...Un grand moment d'échanges !

Oslo et les Norvégiens nous ont donné à réflêchir. Ils nous ont conforté dans nos manières de faire, dans nos choix, dans le suivi de nos émotions et de nos intuitions, loin des tendances, des modes et des conseils en tout genre. C'était une grande dégustation !