lundi 27 septembre 2010

Autre manière de penser la nature



Avec les vignerons en biodynamie,
ré-apprendre à lire la nature et à agir avec elle.

L'Espagne, l'Alsace, l'Autriche, Banyuls, les tournages ont continué et notre grenier à images n'en finit pas de se remplir de témoignages étonnants. Que restera-t-il de ce travail ? Un film long-métrage sur « le réveil des terroirs » sans aucun doute. Et nous l'espérons de qualité ! Mais parviendra-t-il ce film à traduire, à faire partager, à donner à voir, ce potentiel énorme de sagesses pratiques que nous avons rencontrées ? Dont nous avons retrouvé trace serait plus juste. Il faudrait plus de 90 minutes de film pour rendre compte de cette autre manière de penser la nature, et d'entrer en rapport avec elle que nous ont montré tous ces viticulteurs amis.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, « une autre manière de penser la nature et d’entrer en rapport avec elle ». La viticulture en biodynamie très riche en expérimentations, rassemble des opportunités positives pour poser, à nouveau frais, cette question radicale, « une autre manière de penser la nature et d’entrer en rapport avec elle » sans plus.

Alors comment ne pas trouver un échos à nos analyses dans les propos du philosophe Michel Onfray (le Monde du 19 et 20 septembre 2010) où il nous rappelle que : « La fin du monde rural, l'urbanisation tentaculaire, la centralisation citadine, le modèle jacobin nous ont conduit peu à peu à tourner le dos à la nature . Presque plus personne n'est capable aujourd'hui de se mouvoir, de ressentir avec aisance et simplicité les univers dits de nature.... N'avoir connu dès son plus jeune âge que le béton urbain, les quadrillages citadins, les pollutions sensorielles c’est immanquablement se retrouver coupé du monde, sectionné de soi, ignorants de rythmes et pulsions de la nature.

La nature aujourd'hui est la plus part du temps affaire d’urbains, d'intellectuels, qui l’appréhende par le filtre de leurs bibliothèques. Elle se trouve saisie sur le mode conceptuel, idéal théorique comme une chose mentale. »

À notre manière, avec les ressources qui sont les nôtres, sensibilité, savoirs d’expériences, nous sommes en route pour retrouver trace et si possible rendre à nouveau visible et sensible les sagesses vigneronnes pratiques qui expriment si bien au quotidien les rapports homme/ nature, homme dans la nature, nature de l’homme .

Merci au philosophe de nous rappeler par ce texte que nous ne sommes pas les seuls à vouloir rendre compte de l’immense richesse des savoirs de connivence que les humains « élaborent » lorsqu’ils reviennent avec simplicité, une simplicité active et sensible, au contact de la nature

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