mercredi 23 mai 2007

Le bonheur est dans la vigne

Au petit matin, le soir au crépuscule, Yvon observe, écoute avec passion la vie de la plante. Partager ce plaisir avec le visiteur est aussi un plaisir.


La vigne, le 17 mai


La vigne est belle en ce mois de mai 2007. Les feuilles de la vigne, larges, pleines et vertes, rassurent notre œil. Les astes avides d’espace s’élancent vers le ciel. Les grappes déjà formées se découvrent peu à peu. Les tisanes d’Olympe ont produit leur effet. Si le ciel ne nous tombe pas sur la tête et si les pollutions extérieures ne nous agressent pas et si et si… tout semble bien parti.



La vigne le 21 mai : premières fleurs


Alors devant ce spectacle étonnant de la « vigne-nature », comment ne pas avoir envie de montrer, de toucher, d’effleurer ce vivant-végétal. A tous les sceptiques, les aigris, les tricheurs, les menteurs qui rejettent la culture bio, parce qu’ils ignorent la nature et ses puissantes beautés, je dis venez donc voir ce que sans aucun mot la vigne nous dit de sa santé.

mardi 15 mai 2007

L'art de vinifier

L'âme, l'avenir et la qualité d'un "vin naturel", dépendent essentiellement de la façon dont est conduite la vinification. Un bon vin ne se fait pas tout seul, ni pas par hazard.


Photo extraite du film Château LAGARETTE, bouquets of flavours

Au Château Lagarette, la vinification consiste pour Olympe à s'adapter, à interprêter, à accompagner le vin, voire à l'éduquer (jusqu'à sa maturité), chaque jour, à tout moment et en toutes circonstances, depuis la vendange jusqu' à la mise en bouteille. Pour votre plus grand plaisir. Un savoir-faire retrouvé ! Tout un art !

L’art de vinifier, c’est au Château Lagarette, l’une des composantes majeures de l’activité vigneronne. A notre grand regret, cet art est aujourd’hui délaissé, quelques fois même, ignoré par ceux qui au quotidien œuvrent dans les métiers du vin. Plusieurs raisons expliquent pour partie cet état de fait.

1- Les savoirs techniques ont pris progressivement la place des savoirs du métier. « On sait tout ce qu’il faut faire pour ne pas perdre son vin et lui donner du goût". Avant même que les problèmes aient été pleinement compris, les solutions sont déjà là. Les revues professionnelles sont remplies de ces solutions « savantes ». Vinifier aujourd’hui veut dire, pour certains, utiliser sans retenue les ressources de l’agro-chimie. Tous ceux qui ou travaillent sur les métiers (les arts et les métiers) savent qu’un homme et/ou une femme de métier n’est pas dépendant de la ressource technique. Ce qui fait son art, c’est la maîtrise du processus métier et l’interprétation qu’il en donne.

2- Une tendance naturaliste, faussement naturaliste, c’est peu à peu installée dans les pratiques vigneronnes. Il faut disent les partisans de cette tendance moins possible laisser faire la nature et intervenir le moins possible. L’art majeur s’exprimerait dans la simplicité.

Plus j’interviens sur mon vin, plus il y a de risques. Moins j’interviens, plus naturel il sera, etc. Arrêtons là ! Cette tendance dite naturaliste de l’activité vigneronne s’inscrit dans le droit fil de ce qu’on nous avons observé à propos des terroirs. Le foncier n’est pas loin, et les défenseurs de cette tendance traquent tous ceux qui auraient tendance à survaloriser le travail humain au détriment de la « propriété ».

3- Mais il y a plus simple et plus ordinaire : l’oubli progressif du savoir vinifier, produit de la mise en dépendance non voulue, non souhaitée, mais organisée par le milieu professionnel. Pour le bien de tous, cela va de soi ! De quoi s’agit-il ? Nous pensons ici, aux vignerons qui au fil des ans, des décennies et des générations, ont progressivement désappris le cœur du métier, l’art de vinifier, déléguant leurs activités de transformation du raisin en vin, à un tiers, une coopérative, un œnologue, etc. Cette posture, hélas trop répandue, fait de nos vignerons, des viticulteurs. Tout est dans la vigne, tout est dans la production, selon une logique techno ou une logique bio, peu importe. L’art de vinifier est devenu, pour eux, un art oublié.

Il faut donc le réhabiliter, lui redonner toute sa tenue et rappeler à tous ceux qui aiment les vins « droits de goût », qu’avant toute chose, ils sont issus de l’art du vigneron, de l’art du maître de chai, et qu’un vin qui n’est pas signé par celui qui le fait, n’est qu’un produit simple, sans âme et sans avenir.

jeudi 10 mai 2007

Pour une reconnaissance des vins naturels

En France, pourquoi les produits « bio » et/ou naturels n’ont ils pas bonne réputation et sont souvent rejetés ? Yvon Minvielle nous donne quelques pistes de reflexion.



Ce rejet, presque physique, des vins bios m’intrigue à nouveau. A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion dans « La Lettre de Lagarette » d’exprimer mon incompréhension et mon indignation devant les propos de certains cavistes (parisiens et provinciaux) sur les vins « bio » et/ou naturels. Je n’y reviendrai pas.

Ce qui me pose question, ce sont les raisons ou les déraisons qui poussent ces personnes à s’exprimer ainsi. A mon avis, trois pistes (explicatives) pourraient être explorées :

- Première piste : des intérêts économiques divergents. Si on les laisse faire et dire (« les bios »), disait un vigneron conventionnel, nous serons tous perçus, avant peu comme chimiquement corsetés et la commercialisation de nos productions s’en ressentira. Il faut donc les combattre chaque fois que cela est possible et faire passer au consommateur l’envie d’y goûter. Et ainsi se bâtit progressivement la mauvaise réputation et la rumeur qui l’accompagne, reprise par tous ceux qui trouvent intérêt à en faire usage.

- Deuxième piste : de mauvaises expériences qui marquent et laissent des traces. Ce n’est pas parce que un vin est « bio » qu’il est bon. Mais s’il est bon, il y a de fortes chances pour qu’il soit « bio » ou presque. Sauf que certains « bios historiques » sont plus sensibles au fait d’être « bio » et d’avoir la certification, qu’au fait de produire un vin « droit de goût ». Tout leur effort portera alors sur la plante, son traitement, son élevage. Peu d’efforts seront faits dans « l’Art de vinifier ». Dans leurs esprits, il suffit que le produit de base (le raisin) soit « pur » pour que le produit final soit bon. Ce qui bien entendu n’est pas valide. Penser ainsi, c’est oublier que vinifier est un art dont il faut retrouver et travailler les gestes premiers.

- Troisième piste : une position idéologique extrémiste qui fait des « bios », des libertaires irrationnels et irraisonnés, héritiers de mai 68 et ennemis de la raison et du progrès. Conséquence : tout ce qu’ils produisent doit être rejeté et condamné. Apprécier leurs produits équivaudrait, en quelque sorte, à approuver leurs idées et leurs valeurs. Cette « position » est aujourd’hui malmenée et fragilisée par les pandémies, la crise climatique et tout ce dont est porteur le « green business ».

Voilà juste quelques mots pour nommer les trois premières pistes. Il faudra nuancer et retravailler les énoncés, identifier et nommer d’autres pistes, assembler, dé-assembler tout cela…

La route, pardon la piste, est ouverte.

lundi 7 mai 2007

La vie sans toxiques - Envoyé Spécial

Pour ceux et celles qui ont raté l'emission d'Envoyé Spécial "la vie sans toxique" du 12 avril 2007...
Voir l'extrait sur Château LAGARETTE


... et ci-après un extrait du communiqué de presse présentant le reportage réalisé par Luc Bazizin, Régis Mathé, Mathieu Drejou, Rémy Richard, Roland Madura et Gérard Lemoine et partiellement tourné pendant les vendanges 2006 au Château LAGARETTE !

" (...) On ne réalise jamais à quel point le monde dans lequel nous vivons au quotidien est environné par des objets d’origine pétrochimique : Vêtements, habitat, mobilier ou nourriture ! Pour améliorer notre quotidien, l’industrie chimique a produit 100.000 nouvelles molécules depuis le début des années 50… Dans le même temps, alors que les progrès thérapeutiques ont fait un bond phénoménal, aujourd’hui 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 sont confrontés à un cancer. En vingt ans, le nombre de cancers du sein a été multiplié par 2, et celui de la prostate par 3. Des chiffres qui plaident en faveur d’une réduction de l’usage des substances chimiques dangereuses. L’Europe vient d’ailleurs de révolutionner la chimie industrielle mondiale avec sa nouvelle réglementation, appelée REACH (Enregistrement, Evaluation et Autorisation des produits Chimiques). Elle va permettre de limiter drastiquement la commercialisation des produits les plus dangereux et de les remplacer par des matières naturelles à chaque fois que cela est possible ! (...) Nous avons donc débusqué les bons plans de ce qui se fait déjà de propre et sans chimie dans l’habitat (et vous allez voir de belles maisons), dans l’habillement (nous avons remonté la route du coton biologique en Inde), dans le vin biologique, et dans l’industrie de la chaussure de sport (en allant en Chine) ! Voici donc dés aujourd’hui comment emprunter la voie d’une VIE SANS TOXIQUES ".

mardi 1 mai 2007

Faire un vin naturel, c'est poser un acte politique porteur de sens

Le premier mai, un moment fort pour rappeler à tous que faire du vin, faire un bon vin naturel est certes chose importante, mais que la qualité du produit pour la qualité du produit ne suffit pas si elle n’est pas pensée, liée et reliée en rapport avec des choix de société.



Car il existe un lien (des liens) très forts entre vin, terroir, hommes et femmes du terroir, et société. Les choix faits pour vivre en société nous engagent sur le type de produit que nous créons pour nos clients. Produire un vin naturel c’est implicitement où explicitement faire le choix de l’a-croissance (pour ne pas dire la décroissance), c’est entrer de fait dans un «vivre ensemble» où ce qui compte, ce sont les équilibres «nature-culture», le respect des traditions culturelles et des grands équilibres construits par les hommes au fil des siècles, et que le soi-disant progrès industriel, la société de croissance et les modèles politiques qui lui correspondent sont en train de détruire.

Tout cela est aujourd’hui connu de tous. La Maison brûle mais nous regardons ailleurs (Qui a dit cela ?). Nous allons droit dans le mur mais nous pensons que le mur est encore loin et que d’ici là, avant que nous ne nous écrasions, la science - encore elle - trouvera des solutions à nos problèmes d’environnement et de réchauffement climatique. Rien n’est moins sûr et cela aussi nous le savons.

Chacun de nos actes compte. Faire un vin naturel, c’est poser un acte politique fort et porteur de sens. Notre vin dit, nous dit, qu’il est possible de produire un vin de très grande qualité en rejetant les interventions chimiques et en retrouvant les chemins de «l’art de vinifier» et en respectant ceux qui font et ceux qui consomment.

Nos rêves d’un avenir meilleur d’un autre monde possible respectueux des hommes et de la nature sont inscrits au cœur, même de ce vin que nous offrons à vos papilles.

Yvon Minvielle