mardi 30 octobre 2007

Labours d'automne à Lagarette. La terre habitée par la vie

" La vigne, le vin sont de grands mystères. Seule dans le règne végétal, la vigne nous rend intelligible ce qu'est la véritable saveur de la terre . " Colette



Avec les premiers labours d'automne, la terre ainsi redécouverte nous remplit de douceur et de bonheur simple . Voir la terre habitée par la vie, respirer son odeur, est sans aucun doute l'un des grands plaisirs de la vie. Juste après les vendanges ces travaux ont leur importance : favoriser le développement de l'activité microbienne, essentiel à la nourriture de la vigne, contribuer à l'expression de l'originalité du terroir, nous inviter à nouveau au respect du vivant de la terre. Déjà, nous pensons à la prochaine vendange et à la qualité du millésime : vin complet, texture complexe, soyeux, velouté, ... Tout est en mouvement.

Le labour, c'est simple, c'est discret, c'est repectueux. C'est un acte agricole fort qui nous met en contact direct avec le vivant de la terre.

Depuis l'Epoque Romaine la terre du Château Lagarette a été travaillée, re-travaillée par les labours. Perchées tout en haut d'un petit monticule, les parcelles sont orientées au soleil sur des pentes douces vers l'est, l'ouest, et le sud. La terre du vignoble est à 300 m au dessus de l'océan. La Garonne est proche. La forêt landaise n'est pas loin. Les vents relaient jusqu'à nous les "saveurs-odeurs" océaniques.

Au petit matin, en automne, les rayons du soleil mettent en valeur des toiles d'araignées, perlées de rosée, qui tissent leur trame de sarment en sarment. Beauté fragile. La terre légérement soulevée par le soc de la charrue apporte à nos sens (nez et yeux) un réel plaisir. Ici à l' automne on re-découvre la vie de la terre. Paradis de la petite faune. Aucun engrais, aucun défoliant, aucun pesticide, aucun produit toxique, n'est venu la souiller. En cet instant la terre nous livre quelques uns de ses secrets.

mercredi 24 octobre 2007

Vin et pesticides ? la folie...

Pour des vins sans toxique ! La bataille sera dure ! A Lagarette, nous rêvons d'une liste de vins sans toxique qui serait au fondement de tous les classements à venir... Aujourd'hui 95% des vins conventionnels contiennent des pesticides... Que nous réserve le " Grenelle de l'Environnement " ? A ce jour pleins d'idées mais rien de précis ...

Les pesticides sont aussi présents dans le vin y compris les " grands crus ". Nous le savons tous et depuis longtemps. Mais des esprits pollués et pollueurs font tout ce qu’ils peuvent - et ils peuvent beaucoup - pour nous empêcher de dire les faits et montrer, démontrer que c’est nous les " bios " qui sommes porteurs de germes à risque. Bien sûr, nous sommes porteurs d’un germe à risque, celui lié à la vérité, car la vérité est toujours dangereuse pour celui qui a bâti son pouvoir et sa fortune sur le mensonge et la tromperie.

Il y a de cela près de dix ans, nous avons demandé, à notre laboratoire œnologique, une analyse complète du vin de Lagarette « Complète ! Que voulez-vous dire ? », nous a rétorqué notre analyste. Et nous de préciser, une analyse qui donnerait à voir tous les éléments principaux qui participent de la qualité de notre vin. « Cela ne se fait pas » nous a précisé, en retour, notre analyste. « Nous ne savons pas faire et nous ne pouvons pas faire ». Sans doute voulait-il nous dire en répondant ainsi que les instances de tutelle, dont il dépend, lui interdisaient toute analyse de ce type.

C’est en Suisse que nous avons trouvé compréhension et réponse et c’est toujours de la Suisse que nous vient, aujourd’hui, une réponse scientifique solidement établie.

Une étude du Service de Protection de la Consommation de l’Etat de Genève a mis en analyse 250 vins d’origine suisse et étrangère. Cette étude avait pour objectif de rechercher les résidus de pesticides dans les vins issus de l’agriculture conventionnelle et biologique. 95 % des vins issus de la viticulture conventionnelle contenaient des pesticides !

Le service a analysé 70 vins bio, essentiellement d’origine suisse (52), surtout genevoise, et 18 majoritairement français. La moitié des vins bio (33) ne contiennent pas de pesticides et 27 n’en recèlent que de faibles traces, inférieures à 10mg/L.

Notre souhait, aujourd’hui, c’est que la vérité éclate et que le politique accompagne de ses visions et décisions un affichage bien réel de ce que contiennent les vins, nos vins, ceux que nous aimons et défendons. NOUS RÊVONS D’UNE LISTE DE VINS SANS TOXIQUE QUI SERAIENT AU FONDEMENT DE TOUS LES CLASSEMENTS A VENIR.

L’ignorance, la tromperie, et le mensonge ont aujourd’hui pour effet le développement chez les consommateurs de cancers, d’infertilité masculine et de toutes sortes de maladies des muqueuses.

Ne rêvons pas ! La bataille va être difficile car l’EPCA, Association européenne de la protection des plantes, qui représente 80 % des producteurs de pesticides de l’Union Européenne menace : « si les normes sont trop contraignantes, nous perdrons 30 à 75 % de notre marché et les 28.000 emplois de nos entreprises seront menacés ». Le capitalisme financier se cache derrière les emplois de ses entreprises pour continuer à fabriquer des produits qui sèment la mort.

Nous ne pouvons plus accepter ce type de pratiques. Elles sont destructrices de nos vies et de nos santés.

lundi 8 octobre 2007

Vendanges 2007

Le millésime 2007. Comment sera-t-il au Château Lagarette ?


" Cette année, de nombreux paniers ont été remplis sous chaque pied de carmeneyre "...

Séveux ? goûteux ? soyeux ? certainement. Dès le 2ème jour des vendanges, le premier jus des raisins nous étonne, couleur, douceur et arômes, plus que fidèle, aux qualités connues et établies du "Lagarette".

Pourtant les vendanges ne furent pas faciles. La vigne a souffert des mauvaises conditions climatiques en mai, juin et juillet, dont la presse a tant parlé. Fin août, début septembre, le raisin avait du mal à mûrir et semblait souffrir. Nous étions tristes. Il a été difficile de fixer une date de vendanges. Comment faire ?

La nature surprend. Elle étonne. Elle fait des signes comme pour nous dire... pour nous dire quoi ? Comment se fait-il que quelques jours avant les vendanges, les graines de merlot sur les vieux pieds se sont mis à grossir, à devenir fermes, croquantes et délicieusement sucrées. Pour nous dire quoi ? Le cabernet franc lui, très beau, avec de belles grappes commençait à se ratatiner et faisait triste mine. Pour nous dire quoi ? Le malbec, si beau tous les ans, touché à cœur par le mildiou nous montrait pourtant par endroits sur de très vieux ceps des grappes d'une santé rebelle. Pour nous dire quoi ? De leur côté les feuilles de carmeneyre (ou carménère) ont toutes pris leur belle couleur rouge sang, juste avant les vendanges (cela n'arrive jamais) et les graines, petites, abondaient sur chaque pied, à profusion. Cette année, de nombreux paniers ont été remplis sous chaque pied de carmeneyre.

Durant tout cet été, que d'observations, que d'étonnements, que de questions, que d'inquiètudes, que d'interventions... !


Vendangeurs 2007 ! Pas de chance ! Un travail plus dur et plus minutieux que les autres années. Les vendanges 2007 affirment leur différence. Les mains avaient du mal à trier chaque grappe pour ne garder que le meilleur. Des grappes inégales, petites, grosses, abîmées.

En cet été 2007, la vigne exprimait une grande, une très grande souffrance générale. Les vendangeurs armés de patience et de courage ont soigné la récolte. Leur gaieté a sans doute fait du bien à la vigne. Le résultat de la vendange fut réconfortant. La quantité n'était certes pas au rendez-vous mais la qualité... quelle qualité!

La vendange rentrée et les raisins mis en cuve ont donné lieu immédiatement à la première fermentation qui s'est déroulée à merveille, plus rapidement que d'habitude. Levures indigènes, fermentation sans produits toxiques, bien entendu. Ici nous préservons la mémoire, le terroir, la personnalité propre du vin et son caractère si particulier. Cette année, huit jours ont suffi pour que le sucre devienne naturellement alcool. Un record ! Pendant ces huit jours, que fait-on ? Remontages, températures, densités, analyses. On goûte chaque jour pour suivre l'évolution et s'habituer à l'échange avec le vin et " faire corps " avec lui.

La température, la densité, confirmées par les analyses, nous disent que la fermentation est bien terminée. On peut alors démarrer la cuvaison en laissant faire la nature tout simplement sans aucune précipitation. Elle sera lente, naturelle, offrant au vin la possibilité de s'exprimer pleinement et de nous donner le meilleur de lui-même.

2007 : Encore un millésime qui nous inspire ! Une approche différente et délicate ! Une vinification choisie dès le lendemain des vendanges ! Début d'une aventure pour de nouvelles cuvées, et de nouvelles créations !

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mercredi 3 octobre 2007

Du bio dans la presse à la " bio attitude "

Un " autre monde est possible " avec le bio dans la viticulture. Prendre en compte le fort développement de la " bio attitude " chez les consommateurs citoyens est un choix d'entreprise et de société. Au Château Lagarette nous en sommes convaincus.


Petit à petit, le bio s'installe et " fait son chemin " !

Et ça continue ! Comme nous vous l’avions déjà fait remarquer le 09 septembre 2007, la presse fait parler le bio, la presse commence à parler bio. Ainsi Sud-Ouest TV, la 7 dans la région Bordelaise, a diffusé récemment plusieurs petits sujets sur des viticulteurs bio.

La famille Moueix, tout d’abord, qui a mis l’un de ses domaines à Saint-Emilion en bio, puis, plus récemment, le Clos Pipaud, une petite exploitation familiale de 2H, qui n’est pas encore certifiée bio mais qui fait tout comme il faut faire quant on veut être reconnu bio. Et de surcroît ce Monsieur, propriétaire du Clos Pipaud, a un cheval, largement mis en avant dans le reportage.

Ces deux faits de presse nous conduisent à penser que pour la presse et ceux qui la soutiennent que le bio est supportable de deux manières. D’une part lorsqu’il est petit et chargé d’images et d’émotions d’autrefois. Il a alors une fonction de mémoire tout à fait acceptable pour la viticulture conventionnelle qui par ce moyen-là fait savoir qu’elle n’a pas oublié la tradition, qu’elle la respecte et qu’elle pourrait même la protéger et la soutenir. La preuve : elle en parle. Elle en fait parler. Car à ma connaissance, il y a plus de proximité entre le CIVB, et le groupe de presse Sud-Ouest, qu’entre la famille bio (syndicat, association et autre) et ce groupe de presse dominant.

D’autre part le bio est acceptable lorsqu’il est porté par des gens respectables, des familles respectables : les Moueix (famille de négociants, propriétaires de Châteaux aux noms prestigieux). Le bio devient alors l’un des possibles dans les évolutions, à venir, de la viticulture. C’est une sorte de choix d’entreprises mais aussi de société qui prend en compte le fort développement de la bio attitude chez les consommateurs citoyens. On se fait ainsi une place dans l’imagerie mentale collective. On s’affirme et on s’affiche prêt à entrer dans cet "autre monde possible" de la viticulture.